Connaissez-vous "Passion Champignons", le livre de Mycologia34?

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Nos amis les chiens ont toujours été des partenaires soumis et obéissants. Leur fidélité n'a pas toujours été récompensée, bien au contraire! Fidélité, soumission et obéissance ont fait d'eux des sujets de premier ordre pour des expériences sur la toxicité des Champignons.

Voici le résultat de certaines de ces expériences réalisées au 19ème siècle par le Pr. Louis Planchon de la Faculté de Médecine de Montpellier.

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La Faculté de Médecine de Montpellier créée le 26 octobre 1289 par la bulle papale « Quia Sapientia » du pape Nicolas IV est la plus ancienne du Monde

 

Expériences de Louis Planchon de la Faculté de Médecine de Montpellier 1883

(texte original)

"Le plus grand nombre de mes expériences a déjà trouvé place dans la partie descriptive de ce travail. A la suite de l’histoire de plusieurs Champignons, j’ai indiqué les résultats souvent négatifs que j’avais obtenus en les donnant à des animaux. Je ne reviendrai donc pas sur ces essais peu importants; mais je donnerai avec détails les symptômes fournis par les Amanites. Il sera possible de les comparer aux accidents présentés par les malades qui font le sujet des observations précédentes. Plusieurs de ces résultats sont intéressants au point de vue surtout des symptômes cérebro-médullaires, et méritent qu’on leur fasse une place à part, au lieu de les mêler à la partie descriptive. J’y ajouterai ensuite les expériences faites avec l’Agaricus olearius, dont la fréquence dans notre région rend l’étude très intéressante et dont l’action sur l’homme est révélée par bien des observations.

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L'Agaricus olearius est de nos jours le Clitocybe de l'olivier (rajout photo)

Mes expériences ont été faites en me plaçant, autant que possible, dans des conditions ordinaires où se produisent les empoisonnements. J’ai presque toujours donné le Champignon en nature, cuit et mélangé avec de la soupe. Ce n’est pas toujours une chose facile que de faire manger à un chien ce que l’expérience l’engage à refuser. Je dis l’expérience et non pas l’instinct car, en général, la première portion de Champignons a été mangé sans difficulté. Mais, si le chien malade est revenu à la santé, si les accidents se sont complètement dissipés, il devient très difficile de lui faire accepter plus tard, même après plusieurs jours, une soupe à odeur de Champignons. Cette méfiance, trop naturelle, m’a plusieurs fois fait perdre du temps, et le peu d’abondance des Champignons, cette année-ci, ne m’a pas permis de faire autant d’essais que j’aurais voulu."

 

Empoisonnement par les Amanites

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Agaricus bulbosus

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L'Agaricus bulbosus est de nos jours l'Amanite phalloïde*** (rajout photo)

"Voici les résultats d’une expérience intéressante, non pas au point de vue des symptômes, que, comme on va le voir, je n’ai pas pu observer, mais par les résultats de l’autopsie, qui confirme l’idée d’une congestion des centres nerveux dans les empoisonnements de cette nature.

Le 18 octobre 1883, à une heure de l’après-midi, je donne à un chien de petite taille, et bien portant, un pied unique, moyen, d’Agaricus (Amanita) bulbosus, rapporté par mon père de Concoules (Gard). Le Champignon frais pesait environ 15 grammes. La soupe est mangée sans difficulté.

La journée, la nuit et la journée suivante, se passent sans que rien d’anormal se fasse voir chez l’animal. Le 19, à sept heures et demie du soir, le chien me paraît moins joyeux qu’à l’ordinaire. A neuf heures à peu près, il vomit un liquide spumeux, sans traces de Champignons ni de spores. Il reste couché sur de la paille. Rien de nouveau ne se produisant, et, dans l’idée que tout se bornerait là, vu la faible quantité de poison que j’avais donné, j’abandonnai le chien vers onze heures.

Le lendemain, à 6 heures et quart du matin, je le retrouvai mort, encore chaud, la gueule ouverte, ayant vomi par terre des matières noirâtres, comme noircies par du sang. La rigidité cadavérique ne s’était pas encore établie; il y avait guère qu’une demi-heure que la mort était arrivée. Je procédai à l’autopsie à huit heure et demie

Autopsie. - Pas de rigidité cadavérique (elle commence à la fin de l’autopsie). Un peu de déjection par l’anus.

Tube digestif. - Bouche remplie d’écume blanchâtre, langue collée au palais, taches ecchymotiques sur quelques points de la muqueuse buccale. Oesophage rempli de la même écume blanche.¨Pas de lésions. - Estomac contenant aussi beaucoup d’écume blanc jaunâtre et de matières filantes, glaireuses, comme gélatineuses. La paroi stomacale est très congestionnée; il y a sur la grande courbure une plaque ulcérée de la grandeur d’une pièce de 20 centimes, un peu allongée, à grand diamètre longitudinal. - Intestin. - Le duodénum contient un liquide jaunâtre, très légèrement spumescent, et la muqueuse y est très congestionnée. Cette congestion se prolonge tout le long du tube digestif. Vers le jéjunum, les matières deviennent de couleur abricot, de moins en moins liquides; plus bas encore, elles sont jaune clair, et on trouve de nombreux paquets de graisse non émulsionnée. Sur toute la longueur de l’iléon, le tube digestif est contracté fortement; les parois sont dures, épaisses, et la lumière de l(intestin est extrêmement étroite; c’est à peine si la pointe des ciseaux (mais non de l’entérotome) parvient à y cheminer. La congestion devient de plus en plus intense dans le gros intestin, qui est vide, et le rectum enfin contient du sang extravasé. - Foie volumineux, mais sain? - Vésicule biliaire gorgée de bile. - Poumons, rate et pancréas normaux. - Coeur contenant du sang fluide, sans caillots.

Le cerveau n’adhère pas aux méninges; mais la substance en est friable, et surtout il présente de la congestion à la surface, tout particulièrement sur la région pariétale des deux côtés. Rien d’anormal à l’intérieur. - Cervelet sain; bulbe sans congestion apparente.

J’ai cherché en vain les spores dans les matières de l’intestin. Je n’en ai trouvé trace, non plus que de tissu de Champignon.

Il est fort regrettable, évidemment, que je n’aie pu constater les symptômes qui ont précédé la mort; mais telle qu’elle est, cette observation ne manque pas d’intérêt. Elle montre d’abord une fois de plus le temps fort long qui peut s’écouler entre l’ingestion du poison et l’apparition des accidents (27 heures); elle montre aussi la rapidité du dénouement quand apparaissent les troubles nerveux (prouvés ici par l’autopsie du cerveau). - L’état du tube digestif nous prouve quelle action irritante et violente exerce sur cet organe le dangereux poison de l’Agaricus bulbosus. Ces effets, on les a vus chez la femme Crouzet (obs. II)*, chez Daumas et sa fille (obs. VII)*, chez Rey et sa fille (obs.VIII)*, etc., etc. Enfin l’état du cerveau ne vient-il pas confirmer ce que je disais à propos des accidents nerveux, et cette simple congestion ne suffit-elle pas à expliquer tous ces phénomènes de titubation, de vertiges, d’ivresse, de céphalalgie, de troubles auditifs, visuels, intellectuels, d’incoordination des mouvements, etc., etc. Le siège de cette congestion peut évidemment varier, et avec lui varieront les symptômes qui en sont la manifestation.

Enfin, et ceci a une grande importance, je rapprocherai l’état dans lequel j’ai trouvé l’iléon du fait suivant: Paulet cité par Persoon  (Traité des Champignons, p.183), parle d’un chien qu’il a empoisonné avec l’Agaricus bulbosus, et qui, à l’autopsie, a présenté de même un rétrécissement considérable de l’iléon. Je le rapprocherai surtout de mes expériences sur la muscarine. (L’Agaricus bulbosus a fait défaut cette année-ci dans le bois de Grammont; aussi n’ai-je pu faire d’autres expériences.)."

* Voir sur ce blog:          http://mycologia34.canalblog.com/archives/11_intoxications_au_19eme_siecle_dans_l_herault/index.html   

 

Agaricus Muscarius

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L'Agaricus muscarius est de nos jours l'Amanite tue-mouches (rajout photo)

Expérience 1

"Dans un tiers de litre d’eau, j’ai fait bouillir 250 gr. de Fausse Oronge coupée en morceaux, bien lavée et en parfait état de conservation. L’eau prend une teinte jaune sale, comme de l’urine un peu chargée. (Les morceaux de Champignons, lavés ensuite et égouttés, puis mis à macérer 4 jours dans de l’eau qu’on changeait tous les jours, ont été donnés à un chien et ne lui ont causé aucun accident; c’est ainsi que, dans les Hautes Cévennes, on mange la Fausse Oronge sans danger).

Bien autre est l’effet de la décoction du même Champignon. L’odeur n’en est pas mauvaise; la liqueur est seulement un peu visqueuse. Le chien l’avale avec appétit à 8 heures et demi du matin. Jusqu’à 11 heures et demi, rien d’anormal; à 11 heures trois quarts, le chien, que je vais voir, veut se dresser sur ses pattes de derrière, mais fléchit déjà; les troubles commencent et s’aggravent très rapidement. La démarche devient hésitante, puis chancelante; le chien est ivre, il perd l’équilibre à tout instant; il ne tombe pas encore; le nez penché vers la terre, il cherche les coins pour y enfoncer son museau. - Pupilles normales; pas de vomissements, pas de déjections alvines. - Miction involontaire.

2 heures. - Forces de plus en plus affaiblies, hypersécrétion nasale considérable: le chien est immobile, le nez dans un coin, chassant de temps en temps par un éternuement le mucus qui obstrue ses fosses nasales, et faisant entendre comme une sorte de ronflement. - Aucune plainte; hypersécrétion salivaire très abondante. - Depuis le début, l’arrière-train et le corps tout entier sont agités d’un mouvement incessant; le chien semble n’être pas en équilibre sur ses jambes.

2 heures trois quarts. - Bruit de gargouillement constant dans les bronches. - Plaintes. - Urination abondante. - Température élevée. - Pouls: 150 pulsations.

4 heures. - L’animal commence à mieux aller. Il ne cherche plus les coins, et marche, quoique en titubant. Évidemment, l’élimination se fait peu à peu.

4 heures et demie. - Le mieux s’accentue. Le chien essaye de se lever sur ses pattes de derrière pour me caresser. Il est encore triste et affaissé.

5 heure et demie. - Le mieux est caractérisé; encore un peu d’hésitation dans la démarche, mais l’animal court et saute déjà.

6 heures et demis. - Tout est fini. Il s’amuse avec les autres. L’élimination du poison est faite."

Expérience 2 (19 Octobre 1883)

Intéressé par l’expérience précédente, surtout par l’attitude caractéristique de l’animal, j’ai forcé la dose de poison, et j’ai donné à un chien de chasse de taille moyenne le suc de 400 grammes d’Amanita muscaria, bouillie dans un demi-litre d’eau. Le tout, versé sur une soupe de pain a été très bien accueilli par le chien: il est 9 heures et demi du matin. 10 minutes après, des vomissements se produisent, aussitôt avalés par l’animal. Puis plus rien jusqu’à midi.

A midi, les pas du chien commence à être mal assurés. En dix minutes, les symptômes s’aggravent d’une manière effrayante. L’animal tombe quand il veut se dresser sur ses pattes de derrière. A midi et quart commence la recherche des coins et l’hypersécrétion nasale et salivaire. Le chien se dirige encore vers moi quand le l’appelle. Les fosses nasales sont pleines de mucus, dont il cherche à se débarrasser par des éternuements.

Midi et demie. - Il gémit, il se plaint, il a le museau dans un coin et n’en bouge plus. Il paraît souffrir beaucoup. Miction involontaire, salivation très considérable; le plancher est mouillé autour de son museau. De temps en temps, un accès de dyspnée. La respiration s’accélère, puis redevient calme.

Midi trois quarts. - Calme relatif. Le chien est couché sur le côté, le museau toujours dans le coin; la respiration est irrégulière et accélérée.

1 heure et quart. - Pupilles très rétrécies, pas d’injection de la conjonctive.

1 heure et demie. - La résolution musculaire est absolue: les membres ne peuvent pas le soutenir. Tympanisme abdominal. Émission de gaz par l’anus. Anesthésie absolue: on peut traverser la peau du dos et des jambes de part en part sans qu’il y ait la moindre réaction. Dyspnée. Les plaintes ont cessé complètement.

2 heures. - Les yeux sont larmoyants; un mucus épais et filant, mélange de salive et de mucus, que l’on entend gargouiller dans les bronches, s’écoule constamment de sa bouche et forme une mare autour de sa tête.

3 heures. - Même état. La respiration est maintenant assez lente et régulière, 10 à 12 par minute. Lacrymation très importante. - Le globe oculaire seul n’est pas anesthésié.

4 heures. - Raideur tétanique des membres postérieurs, remplaçant peu à peu la résolution musculaire. - Émission d’urine abondante et involontaire.

4 heures et demi. - Émission de matières fécales demi-molles, jaunes, peu abondantes; refroidissement des membres postérieurs toujours tétanisés; membres antérieurs en résolution.

5 heures. - Les mucosités spumeuses blanches sortent aussi par les narines. Respiration très lente, 9 à 10 par minute. - Peu avant l’expiration, tremblement convulsif des membres antérieurs.

6 heures du soir. - Pouls petit, irrégulier, à peine perceptible. Battements cardiaques assez nets, mais très irréguliers. De loin en loin, raideur tétanique des membres, puis relâchement. Ces secousses convulsives sont très courtes: une à deux secondes. - Conjonctive un peu injectée, à peine sensible. Huit à neuf inspirations par minute, profondes. Expiration assez brusque, suivie d’un long temps de repos (quatre secondes). - Cet état se prolonge avec des variations légères, dont il serait trop long de donner ici le détail. Les excitations extérieures, telles que le bruit, les attouchements brusques, ne déterminent pas les secousses tétaniques, qui viennent toutes seules à des intervalles irréguliers. - Les bruits bronchiques s’affaiblissent et disparaissent peu à peu; mais le mucus et la salive n’en coulent pas moins. L’animal est dans un vrai lac de salive. On l’en tire de temps en temps, et il ne tarde pas à s’en former un nouveau. Les oreilles et le cou sont trempés. - 100 pulsations. Pendant une heure à peu près, le coeur est devenu régulier dans son irrégularité. On pourrait l’écrire en notation musicale, de la façon suivante: trois noires; six croches, trois noires, six croches, etc. Vers huit heures du soir, le chien semble dormir et n’avoir seulement qu’une respiration profonde. Celle-ci est devenue très régulière.

10 heures du soir. - Les battements cardiaques sont moins irréguliers (un arrêt toutes les dix pulsations, en moyenne). 120 pulsations par minute.

Minuit. - Même état.

3 heures du matin. - Je retrouve le chien à deux mètres du point où je l’avais laissé. Je prévois dès lors sa guérison; l’élimination commence à se faire, puisque l’animal a pu se traîner. Même état; mais les réflexes sont augmentés. Au contact brusque, l’animal réagit de tout son corps, surtout si on lui touche la tête, et particulièrement la région cervicale. La salivation a beaucoup diminué. Sensibilité encore très obtuse, mais un peu revenue. Résolution musculaire. Plus de tétanos.

8 heures du matin. - Le chien a encore changé de place. Émission d’urine (il y en a eu à chaque instant depuis le début des accidents) et de matières fécales. Il commence à pouvoir relever un peu la tête. Adynamie considérable encore. Le coeur bat à 110 irrégulièrement.

10 heures. - En plaçant le chien sur ses quatre pattes, il parvient à s’y tenir un instant, puis retombe.

11 heures. - Il essaie de se relever, sans y réussir encore.

1 heure. - Il se tient sur ses jambes, mais roule encore à terre de temps en temps. La recherche des coins se reproduit comme au début.

1 heure et demie. - Il marche en trébuchant à chaque pas, mais il marche. De temps à autre, une forte inspiration. Il cherche à passer dans les endroits resserrés et étroits (ceci est caractéristique et n’a jamais manqué dans l’empoisonnement par l’Agaricus muscarius ou par l’Ag. pantherinus). Mis devant de la soupe, il fait de vains efforts pour manger. A partir de ce moment-là, tous les symptômes vont en s’affaiblissant graduellement.

4 heures. - Il marche; tombe encore quelquefois. Il a l’air comme ahuri.

8 heures du soir. - Il a encore un peu de salivation.

11 heures. - Il va beaucoup mieux, marche assez bien, remue la queue quand on lui parle; mais il a toujours la tête basse, comme si elle lui pesait.

Le lendemain à sept heures, je le trouve tout à fait remis. Il lui reste un peu de vertige, qui se traduit par une légère hésitation dans la démarche; mais il peut se dresser sur ses pieds. Pendant la nuit, il a mangé. A partir de 10 heures, il ne reste trace de rien. Les émissions d’urine ont été constantes jusqu’à la fin.

Tels sont les résultats de cette expérience, un peu longuement exposée, mais dans laquelle j’ai passé bien des détails. Après avoir vu les résultats de celles que j’ai faites avec l’Agar. pantherinus, on les comparera entre elles. J’ai pu faire, grâce à l’obligeance d’un pharmacien de notre ville, M.Clainchar, de l’extrait de Fausse Oronge (6). Le liquide jaunâtre qu’on obtient par expression, évaporé en consistance d’extrait au bain-marie, m’a fournit un extrait noirâtre à odeur de raisiné. - J’en ai donné jusqu’à 5 grammes à des chiens, qui n’ont pas paru en souffrir le moins du monde. - J’en ai injecté 15 centigrammes dans le tissu cellulaire d’un cobaye. Il a perdu au bout d’une demi heure une bonne partie de son agilité. Il se laissait prendre facilement, chose qu’il ne faisait pas avant, et se sauvait moins vite, quand il se sauvait. Cet état a duré une journée et s’est ensuite complètement dissipé. Enfin j’ai eu la curiosité de contrôler le fait que la dessiccation n’enlève pas aux Champignons leur principe toxique. Des Fausses Oronges (6) ont été séchées au soleil (toutes les mouches qui s’y sont posées sont mortes), et données ensuite à 2 chiens, qui n’ont fait que goûter à la soupe et qui pourtant ont eu peu après des vomissements (une heure). Tout s’est borné là, car la quantité ingérée était très peu de chose.

 Agaricus Pantherinus

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L'Agaricus pantherinus de nos jours l'Amanite panthère (rajout photo)

Expérience 1 (*)

(*) Je dois d’abord signaler une expérience négative: 95 gr. donnés à un chien de forte taille ne lui ont absolument rien causé.- Octobre 1882.

Le 2 Septembre 1883, je donne à un chien de forte taille 200 gr. d’Agaricus (Amanita) pantherinus. Le chien mange presque toute la soupe, dont il avale du moins tout le suc. - Il est 8 heures du matin. A 10 heures et 1/2 du matin, il commence à vaciller un peu sur ses jambes. A 11 heures, il peut à peine se soutenir, tombe souvent. Il essaye pourtant de manger le reste de la soupe, mais il ne le peut qu’avec peine, en appuyant son museau sur le fond du plat et son épaule sur un obstacle résistant: on le dirait ivre absolument.

A midi, adynamie complète, tremblement de tout le corps, hypersécrétion salivaire, secousses convulsives. C’est surtout le train de devant qui est affaibli. L’animal rampe littéralement sur ses pieds de derrière et son museau; il ne se plaint pas. De loin en loin il souffle bruyamment. Dyspnée. C’est l’attitude qui est surtout caractéristique; il faudrait un dessinateur pour la bien rendre: d’abord, le museau est toujours au ras du sol; puis l’animal se dirige droit devant lui, finit par rencontrer un mur ou un meuble, et suit alors ce guide jusqu’à ce qu’il trouve un angle, un coin, où il enfonce son museau tant qu’il le peut. Il reste là des heures entières, les jambes de devant pliées, celles de derrière droites. Puis peu à peu ces dernières fléchissent et l’animal se couche dans les situations les plus bizarres et les plus diverses: les pattes de devant, par exemple, restent où elles se trouvent, souvent très singulièrement situées. J’ai vu l’animal littéralement plié en deux. C’est le hasard de la chute qui décide la situation du corps. Du reste, pas de vomissements, pas de selles; rien du côté du tube digestif. - Émission fréquente d’urine. Pupilles très dilatées, mais contractiles.

4 heures. - L’animal se lève et marche un peu, péniblement, pour répondre à ma voix. Quand il marche, c’est lentement, le museau à terre. S’il trouve sur son chemin (et il le cherche quand il peut) un espace étroit et bas, il y met le museau et s’efforce ensuite de s’y glisser tout entier. S’il le peut (et je l’ai vu, lui comme d’autres, accomplir de vrais prodiges, et passer dans des endroits où je n’aurais certes jamais cru qu’il pût le faire). S’il n’y réussit pas, il reste sous l’obstacle aussi enfoncé qu’il le peut, mais il ne recule jamais. On dirait que le poids de sa tête l’entraîne en avant. Il faut ajouter à cela de l’hésitation et de la titubation constante des membres et du corps. Les pattes de devant s’accrochent quelquefois; il n’a pas toujours la force de les lever, et il lui arrive de s’appuyer sur le dos de la patte, au lieu d’en appliquer la face ordinaire sur le sol. Les reins fléchissent souvent. Il mâchonne et souffle bruyamment.

5 heures et 1/2. - Même état, plutôt mieux. Émission d’urine.

6 heures et 1:2. - Le mieux est très accentué. Le chien se tient debout, quoique vacillant encore. Je lui donne de la soupe, qu’il mange avec appétit, mais avec difficulté. En effet, la tête l’entraîne toujours, et il mange le museau appuyé au fond du plat qui est devant lui. Jamais il ne recule, je le répète. - Pulsations normales.

8 heures. - Le mieux est manifeste. L’animal remue la queue, vient à moi, essaye de se dresser sur ses pattes de derrière, mais sans y réussir encore. Le lendemain, tout est dissipé complètement. Émission d’urine abondante. La pupille est normale. Il n’y a eu ni une selle, ni un seul vomissement. C’est un type d’observation à symptômes purement nerveux.

 Expérience II

Chien de moyenne taille. - Je lui donne à deux heures après midi une soupe contenant 150 gr. d’Agar. pantherinus. Il la mange bien. - L’hésitation dans les mouvements commence à quatre heures et demie (toujours deux heures et demie après l’ingestion). Très rapidement vertiges, titubation, émission d’urine, recherche des coins. - L’animal se plaint un peu, ce que ne faisait pas le précédent. - Hypersécrétion, salivaire et nasale. - Pupille dilatée. - Le chien souffle bruyamment.

4 heures 3/4. - Il a le museau dans une encoignure de porte, à terre; la colonne vertébrale très bombée, en arc de cercle; les jambes de derrières droites et écartées, la queue rabattue (elle ne l’est pas toujours), les pattes antérieures convulsées en arrière, toutes deux apparaissant du côté gauche du corps. Mouvements continuels de titubation, même au repos. Le train postérieur oscille et menace souvent de tomber de côté. - On dirait que l’animal veut enfoncer son museau dans la porte. Bruit de mucus dans la bouche, gargouillement. Plaintes nombreuses et par intervalles;

5h1/4. - Marche devenue impossible. Les quatre pattes sont étendues et convulsées. Pouls plein, très rapide. Pupilles dilatées, insensibilisées; conjonctive très congestionnée, ainsi que la muqueuse buccale. Hypersécrétions salivaires et nasales considérables. Exaspération des réflexes très nette.

6h1/4. - Contractions musculaires. On voit chaque muscle se contracter à part sous la peau. On dirait l’animal atteint de chorée ( ). Dyspnée, mouvements convulsifs. Pouls petit et rapide. Anesthésie complète, sauf pour l’oeil; l’insensibilité existe aussi bien pour la chaleur que pour les piqûres. Respiration très lente et très profonde. Refroidissement des extrémités à partir de 8 heures du soir environ.

9h3/4. - Contractions fibrillaires des muscles. Je fais alors une injection hypodermique d’éther, croyant l’animal perdu et désirant le relever. Il ne sent même pas l’injection; L’action de cette injection est peu marquée; cependant le pouls devient un peu plus plein..

11 heures. - Le corps est agité d(un mouvement constant. Le froid s’empare de tout le dos; la poitrine est encore chaude.

Minuit. - Même état. Je laisse le chien, qui n’a alors que 7 à 8 respirations par minute; quelquefois l’inspiration se fait en plusieurs temps. Je le retrouve à 4 heures du matin, allant très franchement mieux. Il s’est traîné jusqu’à un meuble, sous lequel il s’est blotti. Il a repris, comme les autres, son attitude du début. Au bout de quelque temps, vers 5 heures, quand il a pu se tenir un peu sur ses jambes, il a recommencé à rechercher les coins; on entend à nouveau gargouiller le mucus. Bref, il est à la phase de rétrocession, et il repasse par tous les symptômes du début en les prenant à rebours. La congestion de la conjonctive a disparu. Urination fréquente. -

A 9h. du matin, une selle abondante, demi liquide. A 10 heures, encore quelques tremblements dans les membres postérieurs. A 11 heures du matin, tout est fini: l’animal mange avec grand appétit: il semble que rien ne se soit passé.

 Expériences sur l’action du principe actif de la Fausse Oronge (*)

(la Fausse oronge est l'Amanite tue-mouches - rajout)

J’ai voulu essayer aussi l’action du principe actif de la Fausse Oronge, le seul qui soit à présent bien connu: mon intention était de comparer l’une à l’autre la muscarine artificielle et la muscarine naturelle. Malheureusement la première de ces substances a subi une altération, bien qu’elle fût en tube scellé, et ne m’a donné aucun résultat. Le peu de temps dont je disposais, et aussi le prix élevé de cet alcaloïde, ne m’ont pas permis de faire venir de nouveau. - La muscarine naturelle a été essayée dans le laboratoire de M. le professeur agrégé Lannegrace, chargé du cours de physiologie, que je remercie ici de ses bons conseils et de son précieux concours. Les résultats ne sont pas encore définitifs, car le temps m’a manqué pour répéter suffisamment les expériences. Voici, sans donner le détail de chacune d’elles, les principaux résultats obtenus:

- La dose rapidement toxique est bien plus forte qu’on ne l’a dit. Il a fallu au moins 8 centigrammes pour tuer un chien de taille moyenne, et d’autres chiens ont résisté plus encore. Les jeunes m’ont paru être moins sensibles que les sujets déjà avancés en âge. - Cette dose toxique est variable pour chaque individu.

- La pression sanguine éprouve un brusque abaissement au moment de l’injection intraveineuse, même si l’on pousse doucement. Elle remonte ensuite souvent au-dessus de son point de départ. L’abaissement est toujours très net.

- La respiration est ralentie, et l’amplitude diminue beaucoup.

- Les contractions intestinales sont constantes et très nettes sous l’influence du poison. Le côlon est la partie de l’intestin qui se contracte le plus fortement. Les courbes que j’ai obtenues sont très probantes à cet égard. L’estomac, lui aussi, est franchement contracté. Le rectum est le point qui subit le moins cette influence (**)

- L’hypersécrétion glandulaire est constante et considérable. Des canules placées dans les canaux des glandes submaxillaires et parotides ont fourni de la salive en abondance, la parotide moins que l’autre. Les larmes et le mucus nasal coulaient aussi très abondamment.

- Au moment où la mort va survenir, le coeur se ralentit beaucoup et s’arrête en diastole. Le l’ai toujours trouvé pleine de caillots noirs. - Une fois que, pressé d’en finir, nous avons tué l’animal par la piqûre du bulbe, le coeur, séparé des organes voisins, a battu plus longtemps qu’à l’ordinaire.

(*) Les expériences étaient disposés de la façon suivante: le chien, étendu sur une table, portait un pneumographe sur le thorax. La pression artérielle était prise sur la fémorale, au moyen d’un manomètre métallique. La pression du bout périphérique de l’artère ne nous a jamais rien donné. Une ampoule introduite dans l’intestin grêle, par une fistule sous-ombilicale, et deux autres placées par l’anus, l’une dans le côlon, l’autre dans le rectum, donnaient les contractions de ces organes. Le tout s’inscrivait à la fois, au moyen d’ampoules, sur un même papier noirci. - Après avoir laisser marcher l’appareil à blanc quelque temps, on faisait une injection intraveineuse dans la jugulaire. - J’étais secondé dans ces expériences par mon camarade et ami G.Rouch, licencié es sciences naturelles, auquel j’adresse mes remerciements.

(**) Je me demande si ces contractions intestinales ne sont pas pour quelque chose dans le retard fréquent des phénomènes cérébro-spinaux. L’intestin, par l’action des premières parcelles du poison, se contracterait, et cette contracture s’étendant, par action réflexe, au delà même du point où se trouve le poison, empêcherait momentanément l’absorption. Puis, sur certains points, le relâchement, arrivant, permettrait brusquement au poison de pénétrer dans l’organisme et d’y déterminer les troubles que l’on connaît. Ceci n’est, bien entendu, qu’une hypothèse.

Je ne fais que donner ici les résultats qui me paraissent les plus nets; mais, je le répète, le temps m’a manqué, et ce sujet est encore à l’étude. Des expériences nouvelles sont faites au laboratoire de physiologie de la Faculté de Médecine de Montpellier, et je ne doute pas que nous n’obtenions des résultats plus précis encore.

En somme, tout se passe comme si l’action de la moelle était brusquement supprimée. Aux autopsies, nous avons souvent trouvé de la congestion ou de la vascularisation, soit du cerveau, soit de la moelle (*); jamais d’anémie, quoi qu’on en ait dit. Il faut dire que quelquefois le système cérébro-médullaire ne présentait rien d’anormal. - L’action de l’air sur l’intestin, mis a nu immédiatement après la mort, détermine des contractions péristaltiques bien plus faibles qu’à l’état normal.

- Tube digestif toujours très contracté.

Il faudra comparer ces résultats à ceux qu’on obtenus les autres observateurs (**), MM. Alison, Prévost (de Genève), etc.

Mais outre que de nouvelles expériences sont encore nécessaires, je croirais m’écarter trop de mon but, qui est d’étudier les Champignons eux-mêmes, et non pas l’action physiologique des alcaloïdes qu’ils renferment.

Les observations et expériences que je viens de présenter ont demandé trop de temps pour que j’aie pu étudier l’action des Champignons d’un autre groupe que celui des Amanites. Aussi dois-je remettre à un travail ultérieur la suite de ces intéressantes questions, et en particulier l’étude de la toxicité des Lactaires et des Russules. Je ne veux pas terminer cependant sans parler d’un Agaric dont la fréquence dans les environs de Montpellier est la cause d’accidents, non mortels il est vrai, mais souvent assez graves: je veux parler de l’Agaricus Olearius. L’observation et l’expérience que je cite serviront à la fois à mettre en garde contre ce Champignon vraiment toxique, et à montrer les différences capitales qui séparent le tableau symptamologique offert par les Amanites, de celui que fournissent les Champignons dépourvus du principe actif de ce grand groupe.

(*) C’est aussi la conclusion des autopsies faites par MM. Chouet et Pélissié, loc. cit

(**) M. Vulpian, en parlant du Jaborandi, identifie l’action de la muscarine à celle de la philocarpine; mais il considère ces alcaloïdes comme n’ayant qu’une action périphérique sur les vaso-dilatateurs, et en particulier sur la corde du tympan. Je crois plutôt à une action centrale, qui me paraît surabondamment prouvée par les grands phénomènes de parésie musculaire, d’anesthésie, etc., que j’ai constatés au cours de mes expériences. L’action cérébro-médullaire est supprimée à peu près complètement; le coeur continue à battre par l’action de ses ganglions autonomes, et le temps, fort long, pendant lequel il a battu hors de la cavité thoracique dans le cas cité plus haut, en est la meilleurs preuve.

 Observation Agaricus Olearius

Olivier

L'Agaricus olearius est de nos jours le Clitocybe (ou Pleurote) de l'olivier (rajout photo)

En Octobre 1882, la femme X..., ses trois enfants, une voisine et un voisin, demeurant à Montpellier, au faubourg St.Dominique, mangent, malgré l’avis d’un jardinier, de l’Agaricus Olearius. - Ces champignons ne furent cuits qu’après avoir été salés et exprimés. On en mangea du reste très peu, surtout le voisin, qui n’en prit qu’un morceau et le rejeta même en partie dans la rue. Ce repas fut pris en guise de goûter, à quatre heures du soir. - A 6 heures, les 3 enfants de la femme X... sont indisposés: vertiges, pandiculations, bâillements fréquents, sueurs profuses et enfin vomissements. Jusqu’à 9 heures, vomissements constants. A 9 heures, les 2 femmes ressentent à leur tour des douleurs abdominales, de la faiblesse générale, des nausées, et vomissent à leur tour. - Le voisin fut malade aussi dans la nuit; bien qu’il eût à peine goûté aux Champignons, il éprouva tous les symptômes d’une indigestion. Tout le monde se remit très vite, sauf la mère, qui se ressentit sept ou huit jours de son indisposition. Enfin un chat, ayant mangé, le lendemain matin, le morceau de Champignon jeté dans la rue par le voisin, vomit plusieurs fois dans la journée et resta malade trois jours.

Il faut joindre à cette observation le témoignage de plusieurs personnes et en particulier d’un chercheur de Champignons, qui m’ont dit avoir été incommodés longtemps par de petites quantités de cet Agaric. Je ne connais personne qui l’ait mangé impunément.

 Expérience Agaricus Olearius

Olivier1

Le 1er Octobre 1883, je fais bouillir dans de l’eau 150 gram. d’Ag. Olearius jeune et frais, cueilli la veille, et dont j’avais constaté la phosphorescence. - Ces Champignons sont coupés en morceaux et communiquent à l’eau une teinte d’abord jaune clair à froid, puis rouge orangé, enfin noirâtre à l’ébullition. - J’exprime fortement ces Champignons à travers un linge et je donne à deux chiens d’assez forte taille, à l’un (A), le suc; à l’autre (B), les morceaux de champignons pressés. - L’un et l’autre les mangent, bien qu’avec un peu de répugnance, à 9 heures du matin. - 35 minutes après, le chien B vomit des morceaux de Champignons, qu’il avale à nouveau. Dix minutes s’écoulent, puis nouveaux vomissements, cette fois épais, avec des Champignons plongés dans de la matière alimentaire ayant subit un commencement de digestion. - Pas de plaintes. - Le chien A ne vomit qu’au bout d’une heure, sans efforts. - A 11 heures nouveaux vomissements. - A midi, les deux chiens restent couchés, se lèvent à peine quand on les appelle; il sont tristes et abattus. Le chien A refuse de manger; l’autre mange peu. Le soir, à 7 heures, ils vont mieux, mangent, et le lendemain sont complètement remis. Ni l’un ni l’autre n’ont eu de déjections alvines. L’Agaricus olearius n’ a eu sur eux qu’une action émétique, suivie d’un peu d’abattement, explicable par les vomissements eux-mêmes.

Je ne donne ici que cette expérience, pour ne pas me répéter en en citant d’autres identiques. Il n’est pas nécessaire non plus de rapprocher ces deux faits, dont l’analogie est évidente. L’Agaric de l’olivier est un puissant émétique, et le principe qu’il contient est aussi bien dans le suc que dans la plante elle-même. Enfin le séjour dans le sel ne lui enlève rien de ses propriétés. Telles sont les conclusions, fort simples, de tous les cas d’empoisonnement par ce Champignon.

Voici enfin les résultats d’une expérience faite avec le Boletus luridus. Je ne les donne pas comme absolument probants, car je dois dire que le sujet de l’expérience était déjà mal portant. Cependant les symptômes observés sont bien dus aux Champignons; je pense simplement que, sur un chien en très bonne santé, ce Champignon n’eût pas amené la mort. - Voici le fait:

150 gram. de Boletus luridus, ramassés au bois de St. Antoine, près de St. Aunès, sont coupés en petits morceaux et bouillis dans 500gr d’eau. Les morceaux bleuissent d’abord, puis perdent leur couleur pour prendre une teinte grisâtre. Le liquide est concentré. Odeur non désagréable, très légèrement vireuse. Le tout versé sur du pain, est avalé volontiers par l’animal, qui est d’assez petite taille, maigre et, je le répète, probablement malade. Ce repas est pris le samedi 22 septembre 1883, à 2 heures après-midi. - A 8 heures du soir, le chien est pris de vomissements: il y a déjection par l’anus de matières noirâtres et fluides; les vomissement sont au contraire concrets et d’une odeur fétide. Le lendemain, le chien refuse de manger, il marche pourtant. Le lundi, il reste couché, sans vouloir manger, ni boire, ni se relever. Rien du côté des pupilles ni de la respiration. Il meurt dans la nuit du lundi au mardi, sans avoir rien voulu manger depuis la soupe aux Champignons. Deux selles noirâtres et fluides ont eu lieu le lundi. - A l’autopsie, tous les organes sont sains, sauf l’estomac, qui est contracté et légèrement rouge sur les replis de la petite courbure, et le gros intestin, sillonné de stries rouges longitudinales; le rectum contenait du sang. - Rien du côté des centres nerveux. Sang noir et fluide. - J’ai pu, dans l’intestin, retrouver des spores du Bolet (dans l’iléon) et même des cellules parenchymateuses du chapeau (dans le duodénum).

Ici, le signe principal de l’action du Champignon est une irritation intestinale très vive. Si la mort en a été la suite, je crois que c’est à cause du peu de résistance de l’animal. De nouvelles expériences sont nécessaires sur ce Champignon.

NDLR.: Louis Planchon (1858-1915) est le fils de Jules Emile Planchon (1823-1888), un des trois "découvreurs" du phylloxera, ce puceron d'origine américaine, qui ravagea le vignoble français au 19èmè siècle.

Les 3 découvreurs du phylloxera le 15 juillet 1868 à St. Martin de Crau(13)

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