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Connaissez-vous "Passion Champignons", le livre de Mycologia34?

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L'Homme Préhistorique connaissait-il les champignons? Savait-il les décrire? Différencier les comestibles des vénéneux? Ces questions resteront certainement sans réponses. Pour ma part je suis persuadé qu’il avait des acquis mycologiques, à cette époque il était certainement plus aisé d’identifier un Cèpe que de tuer un mammouth.

Il avait certainement acquis ses connaissances mycologiques tout au long de sa courte vie dans laquelle l’observation jouait souvent un rôle vital et qui perduraient grâce à la mémoire collective du groupe. Que de belles cueillettes ont dû être étalées devant ce feu sans qui rien ne serait, même le langage, et autour duquel des discussions (si on peut dire) mycologiques étaient déjà très animées.

Ces connaissances ont dû s’égarer au fil des siècles, tout comme celles de la chasse, à partir de la Néolithisation (-10 000 ans), ce passage de la prédation à celui de la production grâce à l’élevage et à l’agriculture, marquée par la sédentarisation. On cessa de puiser dans le « jardin des origines » et on apprit à se nourrir différemment.

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Ecriture cunéiforme

Dès la Haute Antiquité les champignons étaient connus et appréciés. C’est à Mari (aujourd’hui Tell El Hariri en Syrie) qu’est découvert le premier texte traitant de champignons, parmi les 20 000 tablettes gravées en écriture cunéiforme. L’une d’elle, datant du 3éme millénaire avant J.C., relate le présent d’un panier de Truffes fait au roi par un vassal.

Les champignons sauvages ont été de tous temps prisés et recherchés pour la variété de leurs goûts. La “mycogastronomie” a acquis ses lettres de noblesse après 5 000 ans de pratique, Sumériens, Égyptiens, Grecs et enfin Romains ont perpétué ces connaissances. Dans les langues anciennes on trouve une multitude de noms de champignons. En Sumérien (3500 ans avant J.C.) argun désignait un champignon parasol ou à chapeau, certainement une Lépiote, agan un champignon fugace,certainement un Coprin, aganti une amanite comestible, peut-être l’Amanite des Césars des Romains. Ces noms pourraient être l’origine de agaricus (agaric) qui désigne le champignon à lamelles en général et les Psalliotes en particulier (champignon de Paris, rosé des prés ou des bois etc.).

Migrant en Égypte les Sumériens y ont exporté leurs habitudes alimentaires et culinaires. En égyptien (2700 ans avant J.C) aakhut désignait certainement une amanite à pied creux, peut-être l’Amanite vaginée, Ahi khaibit (2000 avant J.C.) un champignon parasol, anghut (1700 avant J.C.) une amanite. On retrouve ce dernier nom à peine modifié en angekhut en langue esquimau et qui de plus désigne le champignon en général. Cela démontre l’existence à cette époque d’une vague migratoire du Sud vers le grand Nord. En Araméen (1700 avant J.C.) agan signifie champignon qui souffle ce qui est sans aucun doute notre Vesse de loup, de même que agaren qui se traduit par réservoir à sperme*.

*Marcel V. Locquin: Les migrations humaines restituées grâce aux habitudes alimentaires.

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Vesse de loup ou agan le champignon qui souffle?

Peut-être que les Sumériens sont les pères de la mycologie, pourquoi pas, car ils étaient également de grands astronomes et mathématiciens, n’oublions pas que nous leur devons la division sexagésimale du temps et du cercle: 60 minutes en une heure, 24 heures en une journée et 360 degrés dans un cercle.

Quant à la plus ancienne représentation d’un champignon il apparaît sur une peinture d’un tombeau de Pharaon (1450 av J.C.) et si on le retrouve là c’est qu’il était considéré comme nourriture divine.

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Hippocrate (460-377 av.JC)

Dès l’Antiquité les Hommes ont reconnu aux champignons le pouvoir de tuer. Ils intéressaient et inquiétaient Grecs et Romains. Mais ce furent surtout ces derniers qui usèrent de ce pouvoir.

Les Grecs éprouvaient quant à eux de la crainte vis-à-vis des champignons, mais ils en consommaient et relataient déjà des intoxications par Homère (IXème siècle av. J.C.) et par Hippocrate (460-377 av. J.C.). Ce dernier, le plus grand médecin de la Grèce antique, utilisait déjà leurs pouvoirs thérapeutiques réels ou fantaisistes. Nous ne connaissons ni les résultats ni de quels champignons il s’agissait, mais néanmoins il en déconseillait la consommation, lui qui pourtant, dans ses enseignements sur l’alimentation, disait que “l’art de la nutrition est comme tous les arts, une imitation et un enseignement de la nature”.

Les Romains, quant à eux, furent de grands consommateurs de champignons, les appréciaient et connaissaient la toxicité de certaines espèces. Pline l’Ancien (23-79 ap. J.C) décrivait déjà l’Amanite Phalloïde ainsi que l’Amanite des Césars dans son Historia Universalis, Horace (65-8 av. J.C.), Ovide (43 av. J.C.-18 ap. J.C.), Tacite (55-120), Plaute (254-184 av. J.C.), les citèrent également dans leurs écrits et œuvres.

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Pline l'Ancien (23-79 ap.JC)

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bas-relief représentant certainement un "boletus" l'Amanite des Césars des romains.

Puis vint une période creuse dans laquelle on ne trouve que très peu de traces de champignons. Il a fallu attendre le X ème siècle et Avicenne (980-1037), ce médecin, savant et naturaliste d’origine persane qui nous annonça, dans ses œuvres écrits en arabe, que tous les champignons verts étaient mortels. Il n’avait qu’en partie raison.

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Avicenne (980-1037)

Au XIIIème siècle le savant et philosophe allemand, le dominicain Albert le Grand (1206-1280), passionné des sciences de la nature a décrit plantes et animaux (de secretis naturae sive de quinta essentia). Il fut canonisé en 1931 et devînt saint patron des savants. Deux ouvrages de sorcellerie, le petit et le grand Albert, lui furent attribués certainement à tort, bien que ce saint homme se complaisait dans l’alchimie, cette science occulte qui laissait une porte ouverte à beaucoup d’excès.

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Saint Albert le Grand (1206-1280)

 

HERMOLAUS BARBARUS (ou Ermolao Barbaro) est né le 21 Mai 1454 à Venise et mort le 14 Juin 1493 à Rome. Cet humaniste, poète et scolastique fît paraître en 1492 son "Castigationes Plinae" une oeuvre critique de l' "Historia Universalis' de Pline l'Ancien dans laquelle il releva selon lui, dans la version latine d'origine, plus de 5000 erreurs. Il fut certainement le premier à proposer une classification des plantes.

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Hermolaus Barbarus et sa critique de Pline l'Ancien (édition de 1537)

 

En 1491 fut imprimé le premier livre traitant de champignons: Ortus sanitatis - De herbis et plantis - De animalibus et reptilibus - De avibus et volatilibus - De piscibus et natatilibus - De lapidibus et in terre venis nascentibus - De urinis et earum speciebus.

Il fut imprimé à Mayence (Moguntiacum) la ville de Gutenberg et peut-être même dans son ancien atelier, mais Gutenberg (vers 1400-1468 à Mayence) était déjà décédé lors de l'impression de l'ouvrage.

Cliquez sur les planches pour les agrandir

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Les planches ci-dessus sont extraites d'une édition de 1517 mais le champignon y figurant n'est pas identifiable.

 

Pietro Andrea MATTHIOLI, né à Sienne en 1501 et mort de la peste à Trente en 1577, est un médecin et botaniste italien longtemps au service de Ferdinand 1er de Habsbourg (frère de Charles Quint) puis de son fils Maximilien II. En 1560 il publia, entre autres oeuvres, Commentarii in libros sex pedacii discoriis, dans lequel apparaîssent des  champignons dont  le genre est reconnaissable. Il fut également le premier à représenter la tomate en Europe.

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Les polypores et les tomates de Matthioli

 

Au Moyen-Age la mycologie ne fit pas de progrès notables, néanmoins certaines connaissances se mirent à circuler à travers l’Europe grâce à l’invention de l’imprimerie, mais on se contenta surtout de reproduire les travaux des anciens. Certains champignons, de par leurs formes intriguèrent: le Phallus impudique qui est dans son jeune âge l'œuf du Diable des sorciers et jeteurs de sorts fut décrit par le hollandais Hadrianus Junius (1511-1575), la Fistuline hépatique (langue de boeuf) par Reiner Solenander (1524 - 1601), le Clathre grillagé par Fabius Colomna (1567-1640).

Hadrianus Junius (de Jongh) est né le 1er Juillet 1511 à Horn (Hollande) et mort à Middelburg le 16 Juin 1575. Ce médecin, poète et humaniste fut le premier à décrire le phallus impudique.

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Junius et une de ses oeuvres

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Les Phallus impudiques de Junius

 

Andrea CESALPINO (fr.: Césalpin) est né le 6 Juin 1519 à Arezzo en Italie et mort le 23 Février 1603 à Rome. Après des études à l'université de Pise il enseigna la médecine, la botanique et la philosophie à la même université. A partir de 1559 il enseigne la médecine à Rome et devient le médecin personnel du pape Clément VIII. Il est fort possible que ce dernier s'attacha les services de ce médecin-botaniste sachant qu'un de ces prédécesseur, Clément VII (1478-1534), est mort d'une intoxication dûe aux champignons.                     

Voir la mort de Clément VII sur                  http://mycologia34.canalblog.com/archives/2009/06/28/14228499.html   

En 1583 paraît à Florence son "De plantis libri XVI" dans lequel il décrit plus de 1500 espèces de plantes et champignons mais qui ne contient aucune illustration car il estime que seul le texte permet de décrire avec précision toutes leurs caractéristiques.

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Andrea Cesalpino

 

Mais ce fut le botaniste français Charles de L'ECLUSE (1526-1609) l’auteur du premier ouvrage fondamental qui fit le joint entre la mycologie dite “obscure” et le début de son épanouissement.

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Charles de L'Eclusedit "Carolus Clusius" (1526-1609)

Jules Charles de L'ÉCLUSE est né le 19 Février 1526 à Arras et mort le 4 Avril 1609 à Leyde (Hollande) où il créa un des premiers jardins botaniques d'Europe. Il fut certainement le plus grand botaniste du XVIème siècle.

Après des études de droit à Gand et Louvain dans les Flandres, puis à Marbourg et Wittenburg (Allemagne) il décide de se consacrer à la botanique à Montpellier.

En 1601 il publie son traité de mycologie et de botanique: Rariorum plantarum historia: Fungorum in Pannoniis observatorum brevia historia,dans lequel on trouve plus de mille gravures et le descriptif très précis de plus de 100 espèces de champignons.  (Voir gravures ci-dessous)

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Des planches de Clusius

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Charles de L'Écluse (Clusius) est également un grand botaniste et le premier à réaliser des descriptions scientifiques des végétaux. Il introduisit, entre autres, la tulipe en Hollande (la tulipe de Hollande ne date donc pas d'aujourd'hui) et la pomme de terre en Europe, et non Parmentier comme nous l'avons appris sur nos bancs d'école.

Rendons à Clusius ce qui appartient à Clusius: Antoine-Augustin Parmentier (1737–1813) après des études de pharmacien est nommé en 1757 apothicaire sous-aide aux Armées et fait prisonnier en Allemagne lors de la Guerre de 7 Ans. Durant sa captivité on l'a nourri avec des bouillies de pomme de terre, nourriture qu'il apprécia.

A son retour il est nommé apothicaire-major de l'Hôtel des Invalides et entreprend la rédaction d'un mémoire sur la pomme de terre qui était interdite de culture en France par une loi de 1748 car on l'accusait, entre autres maux, de transmettre la lèpre.

En 1772 la Faculté de Médecine de Paris, grâce au mémoire de Parmentier, déclara que la pomme de terre était bonne à consommer. La France recommença à cultiver et à consommer la pomme de terre deux siècles après que Charles de L'Écluse l'eut introduite en Europe.

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Antoine Augustin Parmentier (1737-1813)

 

Jean (Jehan ou Johann) BAUHIN est né le 12 Décembre 1541 à Bâle (Suisse) et mort le 26 Octobre 1612 à Montbéliard. Son père médecin à Amiens est Calviniste et doit quitter la France pour se réfugier en Suisse. Il étudie la botanique à Tübingen (Allemagne), à Zürich (Suisse), à Bologne (Italie) puis à Montpellier. Il excercera la médecine à Bâle.

En 1572 il se rendra à Montbéliard à la cour du prince Frédéric de Wurtemberg où il dirigera le Jardin Botanique: Les Grands Jardins (un des plus anciens d'Europe), qu'il enrichira d'un grand nombre de plantes et de fleurs souvent exotiques et entreprendra la culture de la pomme de terre,comme le fit Charles de L'Ecluse à Leyde (Hollande). Il s'intéressera surtout aux fruits (pommes et poires en particulier) mais travaillera également sur la rose, la vigne et les champignons.

Après sa mort fut publiée, en 1650, son oeuvre principale: "Historia plantarum universalis" contenant plus de 5000 plantes et plus de 3500 illustrations. Son frère Gaspard (1560-1624) est également un naturaliste de renom.

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Jean Bauhin et son "Historia plantarum universalis" 

 

Fabio COLONNA (ou Fabius COLUMNA) est né à Naples en 1567 et mort dans cette ville en 1640. Epileptique dès le jeune âge il s'intéresse aux plantes médicinales et étudie les anciens auteurs afin de trouver un remède propre à le guérir. C'est chez Dioscoride (vers 40 - vers 90), ce médecin grec dont les oeuvres de botanique médicale firent référence durant près de 15 siècles, qu'il découvrit la valériane officinale qui lui apporta un peu de soulagement.

Sa maladie a fait de lui un botaniste, un peintre et un graveur qui réalisait lui-même ses planches. En 1592 paraît "Phytobasanos sive Plantorum aliquot Historia" (Fr.: Examen critique des plantes). Il fut le premier à décrire le Clathre grillagé qu'il nomma "Fungi lanterna", le "champignon lanterne".

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Fabio Colonna et son "Phytobasanos"

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Une planche de Fabio Colonna

 

En 1665 un anglais, Robert HOOKE (Ile de Wight 1635 - Londres 1703) un des plus grands scientifiques du XVIIème siècle publie Micrographia, un ouvrage contenant de nombreuses observations de plantes et pour la première fois de la structure interne de champignons faite au microscope, dont il serait l'inventeur bien que le hollandais Zacharias Jansseneût déjà construit un appareil similaire en 1590. Mais le microscope de Hooke avait un pouvoir de grossissement de 30 fois, ce qui n'était pas le cas de celui de Janssen.

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Robert Hooke et son microscope

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Micrographica de Hooke

 

En 1675 un ecclésiastique flamand Franciscus van STERBEECK (1631-1693), botaniste et mycologue d'Anvers s'inspira de Charles de L'Ecluse pour son ouvage Theatrum fungorum imprimé à Anvers par J.Jacobs. Il ne reprit ni plus ni moins que 77 illustrations de de L'Ecluse pour son livre qui en contenait au total 135, mais à sa décharge ses descriptifs étaient plus étoffés et contenaient des informations nouvelles.

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Franciscus Sterbeeck et son Theatrum fungorum

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Les Lépiotes et les Phallales de Sterbeeck

 

Pier Antonio MICHELI estné à Florence en 1679 où il décéda d'une pleurésie en 1737. Ce mycologue et botaniste peut être considéré comme un des pères de la mycologie moderne. Grâce à l'invention du microscope il peut démontrer que les champignons se reproduisent par des spores invisibles à l'oeil nu et non par  génération spontanée comme on le croyait à l'époque. Il tenta également de cultiver certains champignons à l'aide de leurs spores et fit la première description des asques.

En 1729 il publie Nova plantarum genera: iuxta Tournefortii methodum disposita quibus plantae (Typis Bernadi Paperinii - Florence). Dans son ouvrage on trouve plus de 900 champignons et lichens sur plus de 70 planches.

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Micheli et son Nova plantarum genera.....

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Pézizes et Helvelles de Micheli

 

Jacob Christian (von) SCHAEFFER est un mycologue allemand né le 30 Mai 1718 à Querfurt et mort à Regensburg (Ratisbonne) le 5 Janvier 1790. Son ouvrage mycologique "Fungorum qui in Bavaria et Palatinatu circa Ratisbonna nascuntur icones" (en allemand: Natürliche ausguemahlten Abbildungen baierischer und pfälzischer Schâmme, Welche um Regensburg wachsen) est paru en 4 volumes, enrichi de 330 planches coloriées, entre 1762 et 1764.

Il fut également un grand ornithologue, un entomologiste, un enseignant et un inventeur génial qui inventa, entre autres, la première machine à laver.

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Jacob Christian (von) Schaeffer et son ouvrage mycologique (vol.II)

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  Planches de Schaeffer, notez la représentation des spores.

 

Johann Wilhelm WEINMANN est né le 13 Mars1683 à Gardelegen en Allemagne et mort à Regensburg (Ratisbonne) en 1741. Après des études d'apothicaire (probablement à Hambourg) il devînt aide-apothicaire à Regensburg et en 1712 il ouvrit sa propre officine dans cette même ville. Lors de l'épidémie de peste de 1713 son officine fut déclarée pharmacie-hôpital ce qui lui donna un certain renom.

De 1737 à 1745 il publia une oeuvre botanique monumentale en 8 volumes "Phytanthoza Iconographica" avec plus de 1025 gravures en couleur réalisées en amont sur des plaques de cuivre par le peintre G.D. Ehret et la peintre N. Assam. Ce fut certainement la première oeuvre de botanique avec une qualité d'impression irréprochable.

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Weinmann et son ouvrage (vol.IV)

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2 planches "champignons" de Weinmann

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les Pivoines de Weinmann

 

Jean-Jacques PAULET né le 26 Avril 1740 à Anduze (Gard) et mort le 4 Août 1826 à Fontainebleau. Après des études de médecine à Montpellier il fit paraître en 1775 son "Traité complet sur les champignons" qui est encore considéré comme un ouvrage fondamental de la mycologie moderne. Il s'intéressa également au Feu de St.Antoine (l'ergotisme), il publia de nombreux ouvrages: "Histoire de la petite vérole avec les moyens d'en préserver les enfants (1765), "Secret de la médecine ou Préservatif contre la petite vérole" (1768), "Recherches historiques et physiques sur les maladies épizootiques", "Traité de la morsure de la vipère aspic de Fontainebleau", etc...Il fut également le médecin de Charles X et, en 1795, le premier à proposer le mot "mycologie" qui détrôna "fungologie" qui était alors utilisé pour désigner la science étudiant les champignons.

 

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Jean-Jacques Paulet

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le chénier ventru de Paulet, auj.: Collybie à pied en fuseau

 

Pierre (Jean Baptiste François) BULLIARD est né le 24 Novembre 1752 à Aubepierre sur Aube (Hte Marne) et mort le 29 septembre 1793 à Paris. Après des études à Langres et Clairvaux il va étudier la médecine et la botanique à Paris. Il y rencontre François Martinet, connu pour avoir illustré des oeuvres de Buffon, auprès duquel il apprend le dessin et la gravure ce qui lui permet de réaliser lui-même ses planches par un procédé de superposition de 3 plaques teintées chacune d'une couleur différente (vert-rouge-jaune).

Après de nombreux ouvrages de botanique: Flora Parisiensis (1776-1780), Herbier de France (1780-1793), Dictionnaire élémentaire de botanique (1783), etc..., il publie en 1791 son premier volume de l'Histoire des champignons de la France - ou - Traité élémentaire renfermant dans un ordre méthodique les descriptions et les figures des champignons qui croissent naturellement en France. Sa mort l'empêcha d'achever cet ouvrage qui le fut par Etienne Pierre Ventura en 1812.

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Pierre Bulliard

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Histoire des champignons de France et Herbier de France

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La Vesse de loup et le Clathre grillagé de Bulliard

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L'Amanite phalloïde de Bulliard dans Flora Parisiensis

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La Lépiote élevée et des Russules de Bulliard

Pour accéder à la numérisation de l'Histoire des champignons de la France de Bulliard

http://books.google.fr/books?id=HwYWAAAAYAAJ&printsec=frontcover#v=onepage&q=&f=false

 

James SOWERBY est né à Londres le 21 Mars 1757 et mort le 25 Octobre 1822 dans la même ville. En 1790 ce naturaliste et brillant illustrateur commence la réalisation de son "English Botany", une oeuvre colossale en 36 volumes et dont la parution durera 24 ans. Elle contient 2592 gravures coloriées à la main et le texte est signé par James Edward Smith (1759-1828). Sowerby eut 3 fils, tous naturalistes.

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James Sowerby et une de ses gravures (Pézizes)   

 

Christian Hendrik PERSOON est né le 1er Février 1761 au Cap en Afrique du Sud et mort le 16 Novembre 1836 à Paris. A treize ans son père l'envoie en Europe où il étudie la théologie à Halle (Allemagne) puis la médecine à Leyde (Pays-Bas). En 1802 il s'installe à Paris où il vit dans la solitude et la pauvreté tout en correspondant avec les mycologues et botanistes d'Europe et d'Amérique.

En 1797 parait son ouvrage: "Tentamen Dispositionis Methodicae Fungorum in Classes, Ordines Genera et Familias" grâce auquel il est, aujourd'hui encore, considéré comme le père de la mycologie systèmatique. Ce fut le premier ouvrage entièrement consacré aux champignons.

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Persoon et son ouvrage

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2 planches de Persoon

 

August (Johann Georg Karl) BATSCH est un botaniste, médecin et écrivain allemand né le 28 Octobre 1761 à Iena et mort dans cette même ville le 29 Septembre 1802. Après des études de médecine et de sciences naturelles à l'université de Iena il y enseigna, de 1782 à 1783, la botanique et la zoologie. En 1794 il créa le jardin botanique de Iena dont il devînt le directeur. Il fut également le conseiller de Goethe pour les questions de botanique.

En 1783 il publie son "Elenchus Fungorum", en 3 volumes, avec les descriptions et des planches en couleur de près de 200 champignons. Cet ouvrage important pour la systématique des champignons donne également des renseignements sur l'habitat de ces derniers, ce qui n'avait jamais encore été fait jusqu'alors. Il meurt à l'âge de 41 ans en laissant sa femme et ses 3 enfants dans un total dénuement.

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August Batsch et son "Elenchus Fungorum"

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Des Chanterelles et le Paxille à pied noir de Batsch

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quelques planches de Batsch

 

Vincenz Julius Edler von KROMBHOLZ est un mycologue et médecin allemand né le 19 Décembre 1782 à Politz en Bohème et mort à Prague le 2 Novembre 1843. A 5 ans il perd son père, sa mère se remarie et son père adoptif, Joseph Dominka, lui enseigna les rudiments de la botanique. Non seulement il apprit à connaître un grand nombre de plantes mais il développa également son sens du dessin.

Après des études de philosophie et de médecine à Prague il s'intéresse à la toxicité des champignons et fait de nombreuses expériences sur des animaux. Il publie son merveilleux Naturgetreue Abbildung und Beschreibungen der essbaren, schädlichen und verdächtigen Schwämme (ma traduction: Reproductions fidèles et descriptions des champignons comestibles, vénéneux et douteux) en 2 volumes à partir de 1831. Malheureusement il décéda en 1843 d'une seconde attaque cérébrale et la fin de l'ouvrage fut publié en 1846 par Johann Baptista Zobel (1812-1865).

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une planche de Krombholz

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des Amanites de Krombholz

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des Phallales de Krombholz

Léopold TRATTINICK est un botaniste et mycologue autrichien né le 26 Mai 1764 à Klosterneuburg et mort à Vienne le 24 Janvier 1849. Il fut le premier à utiliser le mot "mycelium" dans ses ouvrages mycologiques: Fungi austriaci (Champignons d'Autriche) 1804-1805 et Die essbaren Schwämme des Oesterreichischen Kaiserstaates (Les champignons comestibles dans l'empire d'Autriche) 1809 réédité en 1830.

Les planches peintes à la main étaient réalisées d'après des modèles en cire ou des plaques de cuivre noir gravées. Les descriptifs étaient imprimés sur 2 colonnes: à gauche en latin et à droite en allemand (voir ci-dessous).

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Fungi austriaci - sur l'image de droite les textes latins et allemands

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Les Morilles, le Phallus impudique et le Bolet blafard de Trattinnick

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Gravure de botanique de Trattinnick sur cuivre noir

Jacob STURM est né à Nuremberg le 21 Mars 1771 et mort dans cette ville allemande le 28 novembre 1848. Il est le fils du graveur Johann Georg Sturm qui l'initie à la gravure sur cuivre. A l'âge de 16 ans il fit connaissance de l'entomologiste Georg Wolgang Franz Panzer et du botaniste Johann Christian von Schreber qui lui donnèrent la passion de la Nature.

Il commença à réaliser les gravures pour de nombreux naturalistes puis de 1801 à 1839 il entreprit son monumental "Deutschlands Flora in abbildungen nach der Natur, mit Beschreibungen" (ma traduction: Représentation de la flore d'Allemagne selon nature, avec descriptifs). Cette oeuvre imprimée d'après des plaques de cuivre gravées et coloriées à la main et composée de 2.472 tableaux, elle allie une perfection et un sens du détail jamais encore atteints.

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Jacob Sturm et son Amanite phalloïde

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Les Pézizes de Sturm

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Des insectes et papillons de Sturm

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Le chêne pédonculé et la gentiane de Sturm

On ne peut qu'admirer ces planches qui ont 2 siècles d'âge!

Lewis David von SCHWEINITZ est né à Bethlehem (Pennsylvanie - U.S.A.) le 13 Février 1780 et mort dans cette même ville le 8 février 1834. Il est l'arrière petit-fils du comte Nikolaus Ludwig von Zinzendorf (1700-1750) fondateur de l'Eglise Morave. Il accompagne ses parents rentrés en Allemagne ou il suit les cours de théologie de Johannes Baptista von Albertini, également botaniste, qui lui fait découvrir la mycologie.

En 1812 de retour aux Etats-Unis il devient administrateur de l'Eglise Morave à Salem (Caroline du Nord). En 1822 il publie son Synopsis fungorem Carolinae superioris. Il est considéré comme étant le premier mycologue américain. Il répertoria plus de 3.000 espèces de champignon dont plus de la moitié était encore inconnue de la science.

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Mérule, Bolet, Hydne et Téléphore de Schweinitz

 

Elias Magnus FRIES est né le 15 Août 1794 à Femsjö (Suède) et mort à Uppsala le 8 Février 1878. Fils d'un pasteur qui l'initie très jeune à la botanique c'est tout naturellement qu'il se dirige sur cette voie. Après des études à l'université de Lund il obtient son doctorat en 1814 puis son professorat en 1824.En 1815, à l'âge de 21 ans, il publie son premier volume de « Observationes Mycologicae » et ledeuxième en 1818.

De 1821 à 1832 il publie son « Systema mycologicum », ouvrage fondamental en 3 volumes de la mycologie moderne. Il présenta la première classification moderne basée sur des caractères morphologiques surtout externes: forme, taille, mode d'insertion des lamelles, couleur des spores, consistance et du pied en particulier, présence ou absence du voile partiel (anneau) ou du voile général (volve). Mais il n'accordait que peu d'importance, entre autres, à la couleur et à l'aspect de la cuticule du chapeau. La classification de Fries sera reprise et modifiée par Lucien Quelet et Peter Adolf Karsten (1834-1917) le père de la mycologie finlandaise.

En 1874 il publie son dernier grand ouvrage «Hymenomycetes Europaei » dans lequel il décrit 2770 espèces. Fries est sans aucun doute le plus grand mycologue de tous les temps et plus de 100 taxons lui ont été dédiés par les mycologues du Monde entier.

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Fries et son "Systema Mycologicum" (Volume I)

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Quelques planches de Fries

 

Harald Othmar LENZ est né le 27 Février 1798 à Schnepfenthal en Allemagne (Thuringe) et mort dans cette même ville près de Gotha le 13 Juin 1870. En 1812 il entra au lycée de Weimar puis en 1816 gagna l'université de Göttingen pour des études de philologie qu'il poursuivit, à partir de 1818, à Leipzig. Son grand-père qui enseignait les sciences naturelles dans un centre de correction l'amena sur cette voie. Il enseigna le latin, le grec, la mythologie et les sciences naturelles dans divers établissements avant de  publier, en 1831, son ouvrage mycologique: "Die schädlichen und nützlichen Schwämme".

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l'ouvrage et des Bolets de Lenz

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Des Amanites et la Lépiote élevée de Lenz

 

Miles Joseph BERKELEY est un botaniste,mycologue et ecclésiastique anglais né le 1er Avril 1803 à Biggin Hall et mort le 30 Juillet 1889 à Sibbertoft. Après des études à Rugby puis au Christ's Collège de Cambridge il est ordonné prêtre le 23 Décembre 1827. Il s'enthousiasma pour la botanique cryptogamique et fut un spécialiste de premier plan des pathologies végétales de par ses recherches sur le mildiou de la pomme de terre (phitophtora infestans), de l'oïdium de la vigne (oïdium Tuckeri), sur la rouille du blé, et sur diverses maladies des fruits et légumes.

Mais sa célébrité il la doit aux champignons dont il a décrit quelques 6000 espèces. Son herbier de plus de 10 000 espèces est conservé dans les collections des Jardins Royaux de Kew. Il a également décrit les espèces ramenées par Charles Darwin lors du voyage du "Beagle".

En 1860 il publie son "Outlines of British Fungology" (L. Reeves London) contenant les descriptifs de 1000 espèces de champignons des iles britanniques ainsi que des planches de qualité. Il est considéré comme le père de la mycologie britannique. Un champignon porte encore son nom: le Cortinaire de Berkeley (cortinarius praestans).

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M.J. Berkeley et son "Outlines of British Fungology"

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Quelques planches extraites de "Outlines of British Fungology" de Berkeley

   

 

Claude Casimir GILLET est né en 1806 à Dormans (Marne) et mort en 1896 à Alençon (Orne). D'abord vétérinaire mais passionné par la mycologie il consacrera sa retraite à cette science en faisant paraître plusieurs ouvrages entre 1878 et 1887: "Les Champignons qui croissent en France: description et iconographie" (1878) - "Les Champignons de France, Les Discomycètes" (1879-1887) en 9 volumes. Les illustrations furent réalisées par sa femme et sa fille et les dessins originaux se trouvent à la Bibliothèque de l'Université du Maine au Mans.

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L'Armillaire couleur de miel et l'Amanite phalloïde de Gillet

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Le Clitocybe nébuleux et le Cèpe de Bordeaux de Gillet

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Le Cortinaire à colliers et la Russule verdoyante de Gillet

Pour accéder aux planches originales de Gillet:

http://cyberdoc.univ-lemans.fr/Planches_mycologiques/album/Par_genre/index.html

 

Edmond TULASNE (Louis-René, Etienne) est né le 12 Septembre 1815 à Azay-le-Rideau et mort le 22 Décembre 1885 à Hyères (Var). Après des études de droit effectuées parallèlement avec des études de botanique, il devient clerc de notaire. A la mort de son père il rejoint son frère Charles Tulasne (1816-1884) à Paris où ce dernier suit des cours de médecine.

Avec son frère Charles qui est un brillant illustrateur il fait paraître entre autres "Fungi hypogaei" (1851) consacré aux champignons souterrains (hypogés), puis "Selecta fungorum carpologia" (1861-1865).

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Louis-René Etienne dit Edmond Tulasne

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une oeuvre commune et une illustration de Charles Tulasne

 

Mordecai Cubitt COOKE est né le 12 Juillet 1825 à Horning (Angleterre) et mort le 12 Novembre 1914 à Southsea. Il enseigne l'Histoire Naturelle de 1860 à 1880 au Museum de l'Inde avant de travailler aux Jardins Botaniques Royaux de Kew.

Durant de longues années il est rédacteur en chef et éditeur du "Hardwickes Science-Gossip" un magazine qui se veut être pour les étudiants et les amoureux de la Nature, avant de se lancer dans la publication de nombreux ouvrages de mycologie, de botanique et même d'erpétologie. De 1872 à 1894 il dirige la revue de mycologie "Grevillea".

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M.C. Cooke et son "Science Glossip"

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Planches de M.C. Cooke extraites de "Edible and Poisonous Mushrooms" (1894)

 

Emile (Jean-Louis) BOUDIER est né le 6 Janvier 1828 à Garnay (Eure et Loir) et mort le 4 Février 1920 à Blois (Loir et Cher). Pendant 26 ans il exerce le métier de pharmacien pour se consacrer dès 1878 à la botanique, la mycologie et surtout l'entomologie. En 1870 suite au pillage par les allemands de sa collection d'insectes rares il se consacre exclusivement à la mycologie.

En 1884 il est avec Lucien Quelet et Etienne Mougeot un des fondateurs de la Société Mycologique de France (SMF) dont il sera le deuxième président. Ses nombreux ouvrages et ses talents d'aquarelliste lui valurent une renommée internationale. En 1907 paraît "Les Discomycètes d'Europe", en 1909 "Histoire des Discomycètes D'Europe" et de 1904 à 1910 " Icones mycologicae" en 6 volumes avec plus de 600 planches. Ce sont certainement ses oeuvres majeures parmi les dizaines publiées. En 1917 il publiera ses "Dernières étincelles mycologiques".

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Emile Boudier et son "Icones mycologicae" (vol.I)

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Une Pézize et le Polypore amadouvier de Boudier

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une lépiote (lepiota alutea) et l'inocybe fastigé de Boudier

 

Lucien QUELET est né le 14 Juillet 1832 à Montécheroux dans le Doubs et mort dans ce même département à Hérimoncourt le 25 Août 1899.  Orphelin très jeune il est élevé par ses tantes et oncles. Il se passionne très tôt pour les champignons grâce à ses oncles pasteurs et mycophiles.

Après des études à Montbéliard il va étudier la médecine à Strasbourg et à 24 ans il est docteur en médecine et installe son cabinet à Hérimoncourt où il épouse la fille du maire. En 1869 il publie son premier ouvrage    « Catalogue des mousses, sphaignes et hépatiques des environs de Montbéliard ». Vers 1870 il abandonne la médecine pour se consacrer totalement à la mycologie et en 1872 il publie sa première étude mycologique    « Les Champignons du Jura et des Vosges ».

Il correspond (en latin) avec les plus grands mycologues de l'époque: Elias Fries, Boudier, Cooke, Patouillard, Bresadola et en 1886 il publie « Enchirion Fungorum in Europa media et praesertim in Gallia vigentium » totalement rédigé en latin, suivi en 1888 de « Flore mycologique de la France et des pays limitrophes » dans lequel il introduit près de 400 espèces nouvelles en proposant une nouvelle base de classification modifiant en partie celle de Fries et qui sera la base de la mycologie du XIXème siècle et une référence mondiale pour les champignons supérieurs. Il était également un excellent peintre et ses nombreuses aquarelles se trouvent au Museum national d'histoire naturelle de Paris.

En 1884 il fonde à Épinal une société mycologique qui deviendra la Société Mycologique de France et il en sera le premier président. Il est sans doute le plus grand mycologue français.

Il sera un des premiers à décrire les symptômes de l'intoxication par l'Entolome livide , car il en avait involontairement fait l'expérience: invité à un repas chez une parente qui était meunière il avait consommé cet entolome qu'il nomma par la suite et en plaisantant "la purge de la meunière". Comme quoi, nul n'est à l'abri d'une intoxication!!!

 

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Lucien Quélet

 

Narcisse (Théophile) PATOUILLARD est né le 2 Juillet 1854 à Macornay (Jura) et mort le 30 Mars 1926 à Paris. Très jeune il fut passionné par les sciences naturelles et à l'âge de 18 ans il entre au laboratoire des Hautes-Etudes du Museum national d'Histoire Naturelle et se consacrera à l'étude des champignons. En 1884 il obtient le diplôme de pharmacien et exercera pendant 40 ans.

Il s'intéressa aux champignons des 5 Continents et fut le grand spécialise de la flore tropicale et malgré une oeuvre considérable et de qualité (plus de 250 publications), ses travaux furent quasiment ignorés. Ce n'est qu'après l'acquisition d'une partie de son herbier par l'Université de Harvard qu'il connu la notoriété. En 1968 sa fille légua près de 3000 planches, de notes, d'aquarelles et de dessins au Museum d'Histoire Naturelle. Il devînt le troisième président de la Société Mycologique de France (SMF). La plupart de ses taxons sont toujours valides. Le mycologue italien Bresadola lui dédira un inocybe vénéneux: l'Inocybe de Patouillard.

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                                   Narcisse Patouillard et ses bolets tachetés et changeants                        

Laszlo HOLLOS est né le 18 Juin 1859 à Szekszard (Hongrie) et mort dans cette même ville le 16 Février 1940. Après ses études il enseigna la physique et la chimie à Budapest. Infatigable chercheur il étudie la biologie et la minéralogie, mais très vite il se tourne vers la mycologie et s'intéresse surtout aux tubéracés et aux gastéromycètes. En 1903 il publie « Gasteromycetes Hungariae » (1904 en allemand « Die Gasteromyceten Ungarns »). En 1904 il devient membre de l'Académie Hongroise des Sciences.

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Laszlo Hollos et son "Gasteromycetes Hungariae"

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une de ses planches

 

Charles Horton PECK est né le 30 Mars 1833 à Sand Lake aux Etats-Unis (Etat de New-York) et mort à Albany (Etat de New-York) en 1917. Après ses études il enseigne le latin, le grec, les mathématiques et la botanique.

En 1865 il publie un ouvrage sur les bryophytes (mousses aquatiques) dont lequel il décrira 144 espèces de l'Etat de New-York. Sur les conseils du mycologue Elliot Calvin Howe (1828-1899) il se dirigera vers la mycologie. En 1868 il est embauché comme botaniste de l'Etat de New-York par le Cabinet d'Histoire Naturelle et en 1895 il fait paraître "Annual Report of the State Botanist". Ses activités ne se limitent pas au seul Etat de New-York mais à tous les Etats-Unis et au Canada. Il est en relation avec les mycologues du monde entier. Il décrivit dans ses ouvrages plus de 2700 espèces nouvelles d'Amérique du Nord. Il est toujours considéré comme étant le plus grand mycologue américain.

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Charles Horton Peck et son Amanite des Césars

Les planches sont extraites de son "Annual Report of the State Botanist"

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  La Collybie radicante et les Clavaires de Peck.

Pour voir, ou même acquérir les planches de Peck:

http://www.classicnatureprints.com/pr.Peck%20Fungi/peck.fungi.index.html

 

En 1796 en Allemagne Aloys Senefelder invente un procédé permettant la reproduction d'un dessin tracé à l'encre ou au crayon sur une pierre calcaire: la lithographie. En 1864-1865, la mycologue anglaise Sarah PRICE publie son "Illustrations of the fungi of our fiedls and woods" usant de cette nouvelle technique d'impression. Ce furent les premières planches de champignons imprimées en lithographie.

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premières planches imprimées en lithographie

 

Giacomo BRESADOLA est né le 14 Février 1847 à Ortise (Trentin, alors possession autrichienne) et mort à Trente (Italie) le 9 Juin 1929. Très jeune il s'intéresse à la botanique. Après ses études au séminaire de Trente il est ordonné prêtre. Très rapidement la mycologie le passionne et il va entretenir une correspondance avec des mycologues de tous pays dont Lucien Quelet et Emile Boudier.

De 1881 à 1892 il publiera "Fungi tridentini novi vel novum vel nondum delineati", qui est la première de ses publications (une soixantaine au total). Il entreprendra une oeuvre monumentale "Iconographia Mycologica" en 29 volumes et 1471 planches en couleur qui sera achevée après sa mort. La 1ère Guerre mondiale va fortement diminuer ses revenus et il se voit dans l'obligation, pour survivre, de vendre sa bibliothèque, son herbier et ses dessins originaux, collections qui sont aujourd'hui disséminés dans différents musées   (Trente, Stockholm, Paris, Washington,  Uppsala, Leyde, etc...) Il est le plus grand mycologue italien et l'auteur de plus de 1000 espèces de champignons.

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Giacomo Bresadola et son "Iconographia Mycologica" (réedition 1937)

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L'inocybe trompeur et l'entolome excentré (espèce menacée) de Bresadola

 

Adalbert RICKEN est un mycologue allemand né à Fulda le 18 Mars 1851 et mort à Fritzlar le 1er Mars 1921. Après des études au séminaire de Fulda il est ordonné en 1873 et officie dans différentes paroisses de l'évêché de Fulda.

En 1915 il publie "Die Blätterpilze (Agaricaceae) Deutschlands und der angrenzenden Länder, besonders Österreichs und der Schweiz" - ma traduction: "Les champignons à lamelles (Agaricacées) d'Allemagne et des pays frontaliers, surtout d'Autriche et de Suisse". En 1918 il fait paraître "Vademecum für Pilzfreunde" -ma traduction: "Aide-mémoire pour Mycophiles" qui est resté, de sa parution jusque vers le milieu du 20ème siècle, l'ouvrage mycologique le plus populaire en Allemagne.

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Des Entolomes et des panaeolus de Ricken

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Des Lépiotes et des Marasmes de Ricken

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L'Amanite tue-mouche et des Cantharellales de Ricken

pour voir les toutes planches de Ricken:  http://caliban.mpiz-koeln.mpg.de/ricken/

 

Nina Lovering MARSHALL (1861-1921) fut la première, en 1905, dans son livre "The Mushroom book" à publier des photos de champignons. La photo couleur n'existant pas encore à l'époque, les photos étaient tirées en noir et blanc puis coloriées à la main.

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la Clavaire élégante de N.L.Marshall

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ses Géastres et son Amanite parcivolvata (commune dans le sud-est des Etats-Unis)

 

Hermann JAHN est un enseignant, un ornihologue et un mycologue allemand né le 21 Décembre 1911 à Leverkusen-Schebush et mort le 19 Juillet 1987. Après des études universitaires à Cologne et à Kiel il enseigna jusqu'en 1941 à l'école allemande de Kobé (Japon).

Après la guerre il se consacra à la mycologie, spécialement la systématique et l'habitat des Macromycètes. En 1949 il publia son "Pilze rundum" (Park-Verlag Hambourg), un livre de poche permettant l'identification de 500 champignons. Il nous laissa une superbe collection d'aquarelles.

Les aquarelles* de Jahn

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La Lépiote élevée (macrolepiota procera) et le Bolet amer (Tylopilus felleus)

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Le Bolet à beau pied (boletus calopus)

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Le Bolet à pied rouge (Boletus erythropus)

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La Nonnette voilée (Suillus luteus)

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Le Bolet radicant (Boletus radicans)

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L'Agaric (ou psalliote) champêtre (Agaricus ou Psalliota campestris)

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La Russule couleur de sardoine (Russula sardonia)

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Planche* de bolets de "Pilze rundum"

* Le "copyright" de ces aquarelles ainsi que de la planche est la propriété de Mr. Reinhard Jahn.

http://www.pilzbriefe.de/aquarelle/

 

Je vais terminer mon article par ce début de 20ème siècle, non pas parce que les mycologues et autres botanistes contemporains ne méritent pas notre attention, loin s'en faut, mais le grand mérite revient à ces pionniers de tous pays, qui durant 5 siècles et pierre par pierre, ont érigé cette monumentale cathédrale qu'est la mycologie et dont aujourd'hui il ne manque que le clocher.

On ne peut être qu'admiratif devant cet énorme travail exécuté sans l'aide, pour les plus anciens d'entre eux, de microscopes, d'appareils photographiques, de réactifs chimiques, de laboratoires, sans ordinateurs, en faisant d'interminables voyages en voitures hippomobiles (en train pour les plus chanceux ) et en bateaux à voiles, munis d'un calepin et d'un fusain.

Un grand nombre d'entre eux, illustres ou inconnus mais tout aussi méritants, ne figurent pas dans cet article soit parce que certaines de mes recherches n'ont pas abouti soit qu'elles étaient trop fastidieuses ou les résultats incomplets.

Je citerai encore parmi ces pionniers (d'autres noms s'ajouteront certainement):

Joseph Pitton de TOURNEFORT (1656-1708), DILENNIUS (1684-1747), Louis SECRETAN (1758-1839), Joseph–Henri LEVEILLE (1796-1870), Jean-Baptiste BARLA (1817-1896), Heinrich Anton DE BARY (1831-1888), Jules de SEYNES (1833-1912), Paul KUMMER (1833-1912), William Gilson FARLOW (1844-1919), Léon-Marie DUFOUR (1861-1942), Jean-Paul VUILLEMIN (1861-193), Hubert BOUDOT (1861-1937), René MAIRE (1878-1949), André MAUBLANC (1881-1958),

et parmi nos contemporains: Roger HEIM (1900-1979), Marcel JOSSERAND (1900-1992), Robert KÜHNER (1903-1996), Georges BECKER (1905-1994), Rolf SINGER (1906-1994), Henri ROMAGNESI (1912-1999).

 

 

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