26/04/1986 >> 26/04/2016

Trente ans après, le Cesium-137 relâché par le nuage radioactif issu de la catastrophe de Tchernobyl imprègne toujours arbres, sols, plantes et animaux du territoire français.

Le panache radioactif en provenance de Tchernobyl a dissémine des éléments radioactifs sur la plupart des pays d’Europe. En France, il a provoqué des dépôts dans des zones localisées de l’est de la France à des niveaux encore détectables en 2016.

Entre le 26 avril 1986 et la mi-mai 1986, le panache radioactif en provenance de la centrale de Tchernobyl dissémine des éléments radioactifs tels que l’iode 131, le césium 134 et le césium 137 sur la plupart des pays d’Europe,

IRSN-Tchernobyl-2016_Europe-depots-cesium_201604

et sur la France.

 

tchernobyl-schema-depots-france

 

En 2013 et en 2014, l’activité radiologique des produits agricoles est toutefois 10 à 30 fois plus faible qu’en 1987, et 1000 à 10 000 fois plus  faible qu’immédiatement après les dépôts de mai 1986. Elle diminue désormais lentement au cours du temps.

 

IRSN-Tchernobyl-2016_Remanence-France_201604

 

En 2015, un habitant des zones les plus touchées de l’Est de la France recevra une dose moyenne de 37 microsieverts par an (µSv/an) contre 5,4 µSv/an pour une personne résidant ailleurs en France. Ces doses sont principalement dues à l’exposition externe au rayonnement émis par le césium présent dans les sols. La contribution de l’incorporation de césium via l’ingestion de denrées est en moyenne beaucoup plus faible, inférieure à 1 µSv/an. Elle peut toutefois devenir non-négligeable pour les personnes consommant beaucoup de champignons et de gibier issues des zones les plus touchées : de l’ordre de 80 µSv/an pour un consommateur régulier et potentiellement jusqu’à 570 µSv/an pour un gros consommateur (deux repas copieux par semaine basé sur ces denrées sauvages).

Lors de prélèvements récents par l'ACRO dans l'Ouest de la France (zone peu touchée par le nuage de 1986) les champignons n’ont pas déçu ! 52 échantillons sur 64 se sont révélés contaminés. Un champignon toxique, l’Hébélome brûlant a même explosé les compteurs avec 4890 becquerels par kilo de poids sec. Cinq champignons en provenance d’Europe de l’est et vendus dans le commerce ont également été analysés. Tous contenaient du césium mais aucun ne dépassait les seuils réglementaires de commercialisation. Enfin, 6 produits alimentaires ont été positifs sur 42 échantillons. Il s’agit de viande sanglier et d’écrevisses, deux animaux qui sont en contact intime avec les sols et les sédiments. Les légumes, fruits, produits laitiers, miel et plantes aromatiques se sont avérés indemnes de toute contamination.

Tchernobyl, ce n’est donc pas fini. Les traces de la catastrophe sont encore bien présentes. Si les risques sanitaires sont désormais peu importants, l’environnement reste marqué par l’évènement. Néanmoins modérez vos consommations de champignons et de gibier.

Sources: I.R.SN. Institut de radioprotection et de sureté nucléaire - Science et avenir

 

TCHERNOBYL 25 ANS APRES

Tchernobyl_1

Après l'explosion du réacteur n°4 de cette centrale nucléaire le 26 Avril 1986, située dans l'actuelle Ukraine, des tonnes de produits radioactifs furent projetés dans l'atmosphère en formant un nuage toxique qui se promena au gré des vents au-dessus de l'Europe.

Cet accident fut classé au niveau 7 sur l'échelle internationale des événements nucléaires (I.N.E.S.), tout comme celui de Fukushima du 12 Mars 2011 (classé le 12 Avril 2011).

25 ans après, les traces de Tchernobyl sont toujours présentes dans les Champignons, même en France. Après la catastrophe la norme de 600 becquerel/kilo. fut fixée par l'Europe en ce qui concerne les Champignons qui sont de gros accumulateurs de radio-éléments et de césium 137 en particulier.

Le Bolet bai, l'Hydne pied de mouton ainsi qu'un grand nombre d'espèces ne font pas la différence entre les minéraux qui leur sont nécessaires et le Césium 137 qu'ils accumulent à très forte dose. Ce qui est fort étonnant, d'ailleurs, vu que le Césium 137 n'existe pas dans la nature et sa présence et toujours lié à une contamination nucléaire. Il faut 30 ans pour que le césium 137 perde la moitié de sa radioactivité, à ce jour il en a perdu environ 40% et il faudra près de 3 siècles pour qu'il disparaisse totalement. 

Césium 137 et chaîne alimentaire

Le césium-137 est la principale source de contamination de la chaîne alimentaire due aux essais nucléaires, à l'accident de Tchernobyl, de Fukushima et à tous ceux que l'on nous a caché. Peu mobile, il s'enfonce lentement dans le sol. La contamination se fait d'abord par les feuilles, puis les racines. Ce sont aujourd'hui les champignons - à cause du mycélium - et le gibier qui sont les plus contaminés. Cette contamination est très variable : de 15 à 5000 Bq/kg pour les champignons et jusqu'à 5000 Bq/kg pour le gibier.

Dans le Nord et l'Est de l'Europe certains Champignons dépassent le seuil des 600 Bq/kg tolérés mais également en France (Vosges, Mercantour et surtout Corse), en Suisse, en Autriche et en Allemagne. 

Sensibilité de certains Champignons comestibles au césium 137

 

Très sensibles

Moyennement sensibles

Peu sensibles

- Bolet bai Boletus badius

- Bolet des bouviers Suillus bovinus

- Bolet à chair jaune Boletus chrysenteron

- Bolet granulé Suillus granulatus

- Bolet tacheté Suillus variegatus

- Clitocybe laqué Laccaria laccata

- Hydne pied de mouton Hydnum repandum

- Pholiote ridée Rozites caperata

 

- Girolle ou Chanterelle Cantharellus cibarius

- Chanterelle en entonnoir Cantharellus tubaeformis

- Chanterelle jaunâtre Cantharellus lutescens

- Lactaire délicieux Lactarius deliciosus

- Lactaire sanguin Lactarius sanguifluus

- Russule charbonnière Russula cyanoxantha

- Tricholome pied bleu Rhodopaxillus nudus

- Psalliote (ou Agaric) champêtre Agaricus campestris

- Psalliote (ou Agaric) des jachèresAgaricus arvensis

- Psalliote (ou Agaric) des forêts Agaricus silvaticus

- Armillaire couleur de miel Armillaria mellea

- Bolet à pied rouge Boletus erythropus

- Bolet roux Leccinum aurantiacum

- Cèpe bronzé Boletus aereus

- Cèpe de Bordeaux Boletus edulis

- Cèpe des pins Boletus pinophilus

- Lépiote élevée Lepiota procera

- Lépiote déguenillée Lepiota rhacodes

- Mousseron de la St. Georges Lyophyllum georgii

- Morille conique Morchella conica

- Morille ronde Morchella rotunda

- Morille comestible Morchella esculenta

- Vesse de loup perlée Lycoperdon perlatum

 

 

L'avenir?

Avec leur facilité d'accumulation du césium 137 peut-être que nos chers Champignons seront les dépollueurs naturels de demain! Et ils ne sont pas prêts d'être au chômage:

Three_Mile_Island

Accident de Three Mile Island (USA) 28/3/1978

Fukushima_Explosion

Fukushima 12/3/2011 suite au tsunami de la veille

Et en France?

Tout va très bien Madame la Marquise, ne cesse-t-on de nous bassiner, alors qu'en 2010 en France, il y eut 1107 incidents dans nos centrales dont 141 furent classés au niveau 1 de l'échelle I.N.E.S et 3 au niveau 2. La majorité de ces incidents ont pour origine l'erreur humaine.

Et quand la nature s'en mêle on frôle la catastrophe majeure, ce qui fut le cas lors de la "Tempête du siècle" du 27 et 28 Décembre 1999 qui inonda la centrale nucléaire de Bordeaux-Blayais.

Blayais

La centrale du Blayais 28/12/1999

Blayiais_la_digue

L'état d'une des digues 1 mois après la tempête

Grosses craintes également pour cette centrale lors des tempêtes Klaus et Xynthia du 24/1/2009 et du 28/2/2010. Vu son emplacement cette centrale est certainement, avec Fessenheim, la plus dangereuse de France. Certains l'appellent déjà "Tchernoblayais". 

centrale_nucleaire_fessenheim

La centrale de Fessenheim (Haut Rhin).

La centrale de Fessenheim, la plus ancienne de France en exploitation, est construite dans la zone sismique du Fossé rhénan au bord du Grand Canal d'Alsace et cerise sur le gâteau, à 8 mètres en contrebas du niveau de ce dernier.

Que se passera-t-il lorsqu'un séisme détruira les digues et autres écluses du Grand Canal d'Alsace et que l'eau envahira la centrale située en contre-bas? Pessimiste? oui je le suis, car le dernier tremblement de terre ,d'une magnétude de 4,7, dans cette région date de Juillet 1980 et eut lieu à Sierentz (Ht.Rhin) à une trentaine de kilomètres de Fessenheim. 

Notre ministre de l'Ecologie, Madame N K-M, lors d'une prestation télévisée suite à la catastrophe de Fukushima se voulut rassurante en nous annonçant que Fessenheim pouvait résister à un séisme d'une magnétude de 6,7. Mais qu'en est-il des digues et écluses de Grand Canal d'Alsace dont la construction est antérieure?

Pourquoi une magnétude de 6,7? car selon N K-M le plus important séisme de la région, d'une magnétude de 6,2, eut lieu à Bâle (Suisse) à une quarantaine de kilomètres de Fessenheim et que l'on avait pris une marge de sécurité. Mais ce que N M-K ne nous a pas dit, peut-être ne le savait-elle pas, est que le séisme qui détruisit totalement la ville de Bâle eut lieu le 18 Octobre 1356 et que les estimations de l'amplitude ne sont qu'approximatives: 6,2 pour la France (cela nous arrange bien) et entre 6,7 et 6,9 (là il y a danger) pour la Suisse et l'Allemagne.

Pour sensibiliser les fumeurs (dont je suis) aux dangers du tabac on "décore" dorénavant les paquets de cigarettes de photographies très suggestives, pourquoi ne fait-on pas de même avec nos factures d'électricité? Car nous sommes tous consommateurs d'électricité. Messieurs les décideurs je tiens une photo et sa légende à votre disposition.

Copie_de_nuclear_7

"Nés en Ukraine après la catastrophe de Tchernobyl"

Jean-Mi

 

volcan_nucleaire  

Connaissez-vous "Passion Champignons", le livre de Mycologia34?

VOIR >> Le_Livre_2016