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Les Fourmis champignonnistes.

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Fourmis Attas au travail

Parmi les 12 000 espèces de fourmis répertoriées, il en est une très évoluée: le genre Atta.On les rencontre du sud des États-Unis jusqu’en Argentine et également dans les Caraïbes. Les Attas sont mieux connues sous le nom de fourmis “coupeuses de feuilles”, mais on pourrait également les appeler “champignonnistes” ou “agricultrices”.

Elle cultivent “leur champignon”, le Rozites Gongylophoma,dans des fourmilières qui abritent souvent plusieurs millions d’individus qui représentent du fait de leur activité de stockage de fragments de feuilles un grand danger pour l’agriculture et la végétation environnante. La consommation quotidienne d’une telle fourmilière est équivalente à celle d’une vache adulte. La défoliation des arbres est en fonction de la taille ou du nombre de fourmilières alentour. 

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Le travail se fait en plusieurs étapes par des fourmis spécialisées. Les grandes ouvrières, grâce à leurs puissantes mandibules découpent, du lever au coucher du Soleil, les feuilles des arbres qu’elles transportent verticalement jusqu’au nid où elles les entreposent dans une chambre. D’autres ouvrières, plus petites que les “coupeuses - transporteuses”, découpent alors les fragments de feuilles en très petits morceaux (1 millimètre environ), puis ce hachis végétal est pris en charge par des ouvrières encore plus petites que les précédentes qui l’écrasent, le malaxent, le pétrissent, y injectent un peu d’excrément en formant des petites boulettes humides dont elles tapissent les galeries et qui vont servir de milieu convenable à la pousse du champignon. Le RozitesGongylophoma va se développer très rapidement et former un fin duvet ainsi que de minuscules bulbes qu’elles vont se hâter de cueillir afin de nourrir d’abord les larves.

Ces cultures vont être entretenues par les plus petites ouvrières Attas. Ces “jardinières” s’assureront que la meule reste pure en la débarrassant des hôtes indésirables (végétaux ou autres champignons), par un désherbage minutieux et secrétant même un fongicide sélectif. La température et l’hygrométrie sont maintenues idéalement pour le développement du champignon.

Le grand ennemi des fourmis champignonnistes est un autre champignon, parasite lui-même, l’Escovopsis.Pour endiguer les attaques de ce dernier, les “jardinières” nettoient sans cesse les cultures en les léchant, en les tâtant de leurs antennes et en assurant une surveillance de chaque instant. Malgré toutes ces précautions, il arrive que l’Escovopsis s’infiltre dans les champignonnières, la mobilisation générale est alors décrétée. D’autres fourmis arrivent en renfort pour désherber, elles emportent les parasites hors et loin de la fourmilière de même que le substrat qui les nourrit. Parfois elles ont le dessous et après une bataille souvent très longue (des années  parfois) les Attas prennent la décision de déménager.

Les Attas ont besoin du Rozites Gongylophoma pour se nourrir et ce dernier ne peut vivre sans leur aide, car il a besoin de ce milieu de croissance protégé. Il y a association avec des avantages réciproques pour les 2 partenaires: on peut donc parler ici de symbiose. La fourmi Atta ne pourrait vivre sans le champignon qui lui n’existerait pas sans la fourmi.

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Jeune reine Atta

Au moment de l’envol nuptial, pour créer de nouvelles colonies, les reines vierges emportent dans une cavité buccale un peu de ce précieux champignon. Une fois fécondée la nouvelle reine va s’amputer de ses 4 ailes, creuser une première galerie et y placer son champignon. Elle disposera ainsi du matériel nécessaire à la création de sa propre champignonnière pour assurer la survie de ses premières larves. Une reine dans sa longue vie (20 à 30 ans parfois) peut engendrer jusqu’à 150 millions de fourmis.

Les fourmis champignonnistes sont l’objet d’études très importantes, il a ainsi été démontré que ce stockage de matières organiques amenait un enrichissement des sols tropicaux, de plus le fongicide  qu’elles sécrètent et qui ne détruit que les champignons intrus intéresse les chimistes et les pharmacologues. L’impact écologique dû à la défoliation provoquée par les fourmis Attas est néanmoins considérable. Un arbre cependant leur a résisté: le Courbaril ou Jatoba (HyménaeaCourbaril) qui a développé une protection originale pour éviter de se faire “croquer”: il contient en effet des toxines nocives, non pas pour la fourmi, mais pour le champignon. Il a également des propriétés curatives, sa résine, le copal, est sédative, anti-asthmatique, cicatrisante, décontracturante, etc. Il fait aussi l’objet d’études approfondies.

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Le Courbaril: ne touche pas à mes feuilles!!

 

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Les Termites champignonnistes

Il existe plus de 2000 espèces de termites dont la grande majorité se trouve dans les pays tropicaux. On les classe généralement en 3 familles, selon leur mode d’alimentation.

a) Les Xylophages: qui consomment du bois à différents stades de décomposition. Ces termites ont une nette préférence pour le bois déjà attaqué par les champignons, peut-être parce que le travail leur est ainsi facilité ou est-ce parce qu’ils sont attirés par l’odeur de ces derniers ou par les substances que contient leur mycélium. Mais on ne peut pas parler de symbiose dans ce cas.

 b) Les Humivores: qui creusent des galeries souterraines et se nourrissent de particules organiques en décomposition, de feuilles, d’herbe, d’humus, tout comme le font les vers.

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termitière géante de Macrotermidae

c) Les Champignonnistes: qui construisent des termitières de dimensions parfois impressionnantes pouvant abriter quelques millions d’individus qui réalisent une symbiose avec un champignon basidiomycète du genre Termitomyces. Ces termites très évolués, les Macrotermidae, cultivent ces champignons sur des meules composées d’un substrat à base de bois à demi digéré et de différents matériaux végétal. Cette culture se fait à l’intérieur de la termitière dans des alvéoles qui contribuent également à climatiser cette dernière. Les termites se nourrissent de la partie inférieure des meules déjà transformées par les champignons.

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coupe d'une termitière de termites "champignonnistes"

 

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La symbiose des orchidées.

Cette symbiose d’une plante vivace herbacée de la famille des Orchidacées (dont la plus célèbre est la Vanille) avec un champignon est souvent citée car le résultat est une fleur aux couleurs merveilleuses et aux formes variées, on en recense plus de 20 000 espèces dans le monde dont près de 500 en France, surtout dans les régions méditerranéennes.

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Fleur de vanille

Elles sont très résistantes (incendies de forêts, de friches, etc..) et semblent être favorisées par le débroussaillage des sous-bois, le fauchage des prairies et des pâtures. Malheureusement certaines sont fragilisées et menacées de disparition à cause d’un ramassage abusif, de la pollution et de l'urbanisation de leur milieu. En plus de la beauté de leurs fleurs les orchidées de caractérisent par certaines originalités:      

- elles sont épiphytes pour la majorité d’entre elles: elles vivent accrochées à un arbre au moyen de leurs racines, sans pour autant parasiter leur hôte qui sert uniquement de support. Certaines sont terrestres et peuvent vivre de nombreuses années souterrainement et resurgir lorsque le milieu leur redevient favorable (après un débroussaillage par exemple) et ainsi refleurir.

Après la pollinisation, la fleur à maturité va produire de nombreuses graines légères qui seront disséminées par le vent. Mais pour germer, ces graines ont besoin d’aide car elles sont dépourvues de réserves. Elles s’associent alors à un champignon du genre Rhizoctonia qui est généralement stérile. Lorsque la capsule qui protège la graine commence à se décomposer le champignon y pénètre: la symbiose est activée et les 2 associés vont vivre ensemble avec des échanges mutuels. La plante ne peut se développer sans le champignon et lui croît à ses dépens. Les graines ainsi infectées sont également protégées des attaques microbiennes.

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Sabot de Vénus

Cette union dure pendant toute la jeunesse de la plante et chez de nombreuses espèces terrestres toute la vie. Entre la germination et l’apparition de la première fleur le délai peut varier de 2 à 15 ans, selon les espèces et leur milieu. La culture “in vitro” des orchidées peut se faire par des semis symbiotiques, elle a permit la culture de nombreuses espèces exotiques, elle n’est plus pratiquée que par certains professionnels. En effet des recherches ont démontré que la présence du champignon n’était pas indispensable. Ces semis asymbiotiques (sans champignons) sont réalisés dans des milieux bien spécifiques renfermant une forte concentration de saccharose ou un mélange de minéraux et de saccharose, mais il faut alors une asepsie totale.

Extrait de 'Passion Champignons" de Jean-Mi

 

 

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