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Néron (37-68)

Les Romains, quant à eux, furent de grands consommateurs de champignons, les appréciaient et connaissaient la toxicité de certaines espèces. Pline l’Ancien (23-79 ap. J.C) décrivait déjà l’Amanite Phalloïde ainsi que l’Amanite des Césars dans son Historia Universalis, Horace (65-8 av. J.C.), Ovide (43 av. J.C.-18 ap. J.C.), Tacite (55-120), Plaute (254-184 av. J.C.), les citèrent également dans leurs écrits et œuvres.

Dans l’histoire romaine il n’y eut pas que le nez de Cléopâtre qui changea la face du monde d’alors, mais également ce plat de champignons mortels servi à l’empereur Claude (10 av. J.C. - 54 ap. J.C.) par sa quatrième épouse, la cruelle et perfide Agrippine (15-59 ap. J.C.), pour permettre à son fils Néron (37-68 ap. J.C.) d’accéder au trône. Agrippine avait fait appel à l’empoisonneuse de service, une certaine Locuste, qu’on dit d’origine Gauloise et qui était déjà condamnée à mort pour empoisonnement. Agrippine l’aurait graciée à condition qu’elle lui prépare ce plat de champignons qui allait la débarrasser de son époux Claude. (Tacite 55-120 ap. J.C. Annales XII).

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Jules Vignon (1815-1885) Néron et Locuste essayant un poison sur un esclave

(Musée Georges de la Tour Vic/Seille 57)

Locuste aurait également préparé sur ordre de Néron, deux poisons destinés à Britannicus, fils de Claude et de Messaline, car le premier ne provoqua qu’une violente diarrhée, le second fut foudroyant (Suétone v.70-v.130 ap. J.C. Vies des douze Césars). Elle fut mise à mort sur ordre de l’empereur Galba qui succéda à Néron.

Ne nous lamentons pas trop sur le triste sort de Claude qui fit assassiner sa troisième épouse Messaline, ni sur celui cette dernière qui fit mettre à mort les filles de Germanicus et de Drusus, se prostituait et  avait transformé une partie du palais en lupanar. L’oronge ciguë verte (amanite phalloïde) était devenue le poison favori de la Rome antique.

Les champignons eurent cependant leur heure de gloire durant la période où, devant les excès de table, une loi vînt interdire la consommation de viande dans les festins, les cuisiniers romains surent les accommoder en  plats succulents. Ils furent servis chez les plus célèbres gastronomes comme Lucullus et Apicius (ce dernier nous laissa en héritage le plus ancien livre de cuisine connu) accompagnés d’épices rares et de miel.

Les romains étaient friands de boletus (notre amanite des Césars), de suillus (notre cèpe), d’amanita (notre rosé des prés), de spongoli (nos morilles), de lingua bovina (notre langue de bœuf).

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